Liban-Israël à Rome: progrès techniques, mais aucun accord sur les zones pilotes
Un convoi transportant les délégations libanaise et israélienne arrive à l’ambassade américaine à Rome pour un nouveau round de pourparlers, le 4 août 2026. ©Tiziana FABI / AFP

Le deuxième jour du septième cycle de négociations entre le Liban et Israël s’est achevé mercredi après-midi à Rome sans avancée décisive. Des progrès ont toutefois été enregistrés dans les dossiers politique, militaire et frontalier, selon des sources du palais présidentiel de Baabda.

Les pourparlers, organisés sous parrainage américain au siège de l’ambassade des États-Unis, se sont déroulés dans une atmosphère jugée meilleure que la veille. Les délégations ont tenu trois réunions parallèles et distinctes consacrées aux trois volets des négociations.

D’après un haut responsable du département d’État américain cité par Axios, les discussions, qualifiées d’«extrêmement productives», ont permis aux équipes techniques de progresser dans la définition des principaux détails relatifs à la mise en œuvre de l’accord-cadre trilatéral. Elles se sont achevées à 15h30, heure de Rome, plus tôt que prévu en raison des événements sécuritaires sur le terrain, mais doivent reprendre jeudi matin.

Désaccord sur les prochaines «zones pilotes»

Aucun accord n’a été conclu sur l’élargissement des «zones pilotes» au Liban-Sud. Selon des informations médiatiques, Israël aurait refusé la proposition libanaise visant à inclure Bint Jbeil ou Khiam dans la prochaine étape du processus.

Des sources de Baabda ont toutefois affirmé que la partie israélienne n’avait pas encore communiqué de position officielle sur ces deux localités, proposées avec insistance par la délégation libanaise.

Les parties se sont entendues pour poursuivre le travail dans les zones de Zaoutar al-Gharbiyé, Froun et Srifa, en attendant un accord sur les conditions et les mécanismes applicables aux prochaines zones. Une feuille de route globale doit ensuite être élaborée pour les étapes suivantes.

Le volet militaire a porté à la fois sur l’achèvement du travail dans les secteurs passés sous le contrôle de l’armée libanaise, leur éventuel élargissement et l’établissement d’un calendrier progressif pour de nouvelles «zones pilotes».

Le mécanisme de vérification encore en discussion

Le volet politique s’est concentré sur le choix d’une tierce partie chargée de vérifier l’application des engagements dans le sud du Liban. Des sources de Baabda ont fait état d’une avancée qualitative sur ce principe, mais l’identité de cette partie neutre et les modalités de son intervention restent à déterminer.

Plusieurs pays se seraient déclarés prêts à assumer cette mission. Une formule transitoire rapide est également à l’étude. Elle pourrait reposer sur des forces arabes ou internationales, ou sur une autre partie, si la modification du mandat des forces italiennes nécessitait une longue procédure devant le Parlement italien.

La Chaîne 12 israélienne avait indiqué que Tel Aviv s’opposait à toute participation de la France au mécanisme des «zones pilotes» et souhaitait qu’un État tiers vérifie l’absence de toute intervention du Hezbollah dans les secteurs concernés.

Le dossier frontalier enregistre le plus de progrès

Selon les sources de Baabda, le dossier de la délimitation de la frontière est le plus avancé des trois volets. La délégation libanaise a présenté un exposé étayé par des documents juridiques et historiques, retraçant l’évolution de la frontière depuis la ligne d’armistice jusqu’à la situation actuelle sur le terrain, en passant par la Ligne bleue.

La partie américaine aurait salué la solidité technique et documentaire de cette présentation. Les discussions ont permis de fixer les principes sur lesquels reposeront les prochaines étapes, en se fondant sur les accords précédemment conclus concernant les frontières terrestre et maritime.

La question de la reconstruction a également été abordée. Le Liban prévoit par ailleurs de soulever jeudi le dossier des prisonniers.

L’accord-cadre au cœur des discussions

Conclu fin juin, l’accord-cadre prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël, en contrepartie de mesures liées au désarmement du Hezbollah. La première zone, à Zaoutar al-Gharbiyé, est passée sous le contrôle de l’armée libanaise le 21 juillet, permettant le retour de certains habitants.

Le Liban affirme œuvrer à des retraits israéliens successifs jusqu’à un retrait total du territoire libanais. Les pourparlers portent également sur le rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du Sud et, à terme, sur un accord global de paix et de sécurité entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre.

Des sources de Baabda estiment que les négociations demeurent le seul moyen de transmettre les revendications libanaises et qu’elles ont contribué, depuis leur lancement, à réduire l’intensité des frappes israéliennes ainsi que leur étendue géographique.

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