Les pertes et dommages subis par le secteur agricole libanais à la suite des opérations militaires israéliennes dépassent désormais un milliard de dollars, a annoncé vendredi le ministre de l'Agriculture, Nizar Hani, à l'issue d'une tournée dans le gouvernorat de Nabatiyé.
Le ministre a inspecté les dégâts causés par les frappes israéliennes dans plusieurs localités du sud du Liban, notamment à Nabatiyé et Zebdine, où il s'est entretenu avec des responsables locaux, des agriculteurs et des représentants des municipalités.
«L'ampleur des destructions est immense», a déclaré M. Hani, soulignant que les frappes ont visé non seulement des habitations, mais également des bâtiments publics, dont le siège du gouvernorat et celui de la Banque du Liban à Nabatiyé.
Selon les premières évaluations réalisées avec le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS-L) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les pertes agricoles sont désormais estimées à plus d'un milliard de dollars, contre environ 800 millions de dollars à la fin de l'année 2024.
Le ministre a indiqué qu'environ 22,5 % des terres agricoles libanaises, soit près de 56.000 hectares, ont été endommagées, dont 52.000 hectares dans les gouvernorats du Liban-Sud et de Nabatiyé, ainsi que 4.000 hectares dans celui de Baalbeck-Hermel.
Les oliveraies, les serres agricoles et les ruches figurent parmi les secteurs les plus touchés, a-t-il précisé.
Nizar Hani a annoncé le lancement de projets visant à réhabiliter 1.500 serres agricoles dans le Liban-Sud et à Nabatiyé, ainsi que 50 puits d'eau, qui seront équipés de pompes alimentées par énergie solaire afin de relancer l'activité agricole.
Le ministre a également indiqué que son ministère procéderait à de nouveaux prélèvements de sol, d'eau et de végétaux afin d'évaluer les conséquences environnementales des bombardements. Il a précisé que des analyses précédentes avaient révélé, dans certaines zones frontalières, des concentrations de glyphosate 50 à 60 fois supérieures aux niveaux habituels, justifiant la poursuite des investigations.
Les responsables locaux ont, de leur côté, appelé l'État à réactiver les institutions publiques dans la région afin d'encourager le retour des habitants, estimant que la persistance de l'insécurité empêche toute reprise normale de la vie quotidienne.



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