Aoun défend les négociations directes avec Israël et appelle le Hezbollah à coopérer
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Le président de la République, Joseph Aoun, a de nouveau défendu vendredi la décision du Liban d'engager des négociations directes avec Israël, estimant qu'elle relève de la souveraineté de l'État et qu'elle est nécessaire pour mettre fin aux conséquences d'une guerre imposée au pays.

Dans un message publié sur X à l'issue d'une rencontre avec une délégation du bloc parlementaire des Forces libanaises «République forte», conduite par Samir Geagea, M. Aoun a rejeté les critiques visant ces négociations, affirmant qu'elles «ne méritent pas de réponse», le Liban ayant déjà mené des discussions directes avec Israël à plusieurs reprises, à commencer par celles de 1949.

 

S'exprimant auprès de la radio VDL News, le chef de l'État a appelé le Hezbollah à coopérer à la mise en œuvre de l'accord-cadre soutenu par les États-Unis, estimant que le mouvement devait assumer ses responsabilités envers le Liban et sa propre communauté, alors que le pays cherche à tourner la page de plusieurs mois de conflit dans le Sud.

Il a ajouté que la question des armes du Hezbollah devait être abordée en s'attaquant à ses causes profondes, estimant que «la mission de ces armes a pris fin en 2000».

«La communauté chiite veut que cela cesse»

Joseph Aoun a estimé qu'une lassitude grandissante face à la guerre se faisait sentir au sein de la communauté chiite, affirmant que nombre de ses membres souhaitent désormais la fin du conflit.

Il a ajouté que le Hezbollah était appelé à coopérer avec les efforts de l'État, avertissant que, dans le cas contraire, «il devra faire face à sa propre communauté».

Citant le défunt dirigeant chiite, l'imam Moussa Sadr, il a déclaré: «Nous ne voulons pas que le Sud reste un champ de bataille ouvert», ajoutant que «la communauté chiite n'est pas destinée à vivre dans la mort et la destruction».

«L'armée libanaise est unie et accomplit les missions qui lui sont confiées», a-t-il poursuivi, soulignant que personne ne devait remettre en cause le patriotisme des soldats et officiers chiites qui servent dans ses rangs.

Soutien américain et visite prévue à Washington

Sur le plan diplomatique, Joseph Aoun a affirmé que les États-Unis demeuraient les garants de l'accord-cadre et a révélé que le président Donald Trump l'avait personnellement invité à Washington.

Il a indiqué que cette visite serait l'occasion d'exposer directement la position du Liban et de solliciter la poursuite du soutien américain à l'armée libanaise ainsi qu'aux efforts de reconstruction. Il a également mis en avant ce qu'il a décrit comme un fort intérêt des États-Unis pour le Liban, tant de la part du président Trump que du secrétaire d'État Marco Rubio.

Le président a ajouté qu'une délégation américaine rencontrait le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, afin de coordonner les prochaines étapes, précisant que des «mesures concrètes» devraient bientôt être engagées sur le terrain.

Les négociations, «seule solution»

Réaffirmant l'engagement du Liban en faveur de la voie diplomatique, Joseph Aoun a estimé que les négociations demeuraient la seule option viable, malgré ce qu'il a présenté comme le non-respect par Israël de l'ensemble de ses engagements.

«Nos principaux objectifs sont le retrait israélien, le retour des détenus, le retour des déplacés, la restitution des dépouilles et la reconstruction», a-t-il déclaré.

Reconnaissant que l'accord-cadre «n'est pas idéal» en raison du déséquilibre des rapports de force militaires, il a toutefois estimé qu'il avait permis de réduire les attaques contre le Liban et a rejeté les affirmations selon lesquelles il ne garantirait pas un retrait israélien.

«Notre seule inquiétude est une escalade entre les États-Unis et l'Iran qui pourrait compromettre les accords», a-t-il ajouté, estimant que les tensions régionales demeuraient la principale menace pesant sur le processus.

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