Geagea: «Les décisions sur les questions nationales relèvent exclusivement de l'État»
«Tous doivent se conformer aux décisions prises par l’État libanais» a déclaré Samir Geagea après une entrevue avec le président de la République à Baabda. ©Al Markaziya

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé que «le Liban ne peut plus rester dans l’incertitude» et que la reconstruction de l’État passe par le monopole des armes entre les mains de l’armée.

À l’issue de sa rencontre avec le président de la République, Joseph Aoun, au palais de Baabda, vendredi,  Geagea a précisé: «Nous avons confirmé avec le président Aoun qu’aucune solution n’est possible sans un véritable État au Liban, ce qui suppose une seule armée», a-t-il déclaré.

Geagea a également estimé qu’Israël devait se retirer du Liban-Sud et que la reconstruction devait être engagée, tout en soulignant que ces objectifs ne pourront être atteints qu’à travers un État pleinement souverain.

Il a insisté sur le fait que «tous doivent se conformer aux décisions prises par l’État libanais», ajoutant que «la représentativité nationale s’incarne dans le Parlement et le gouvernement et ne doit pas être invoquée hors de ce cadre».

«L’État libanais, représenté par le président de la République et le Premier ministre, est seul habilité à décider des questions nationales majeures, notamment de celles liées à la présence israélienne, et non le Hezb», a-t-il déclaré, ajoutant que «c’est précisément le rôle de l’État de prendre des décisions, même de manière unilatérale».

Samir Geagea a également rejeté l’idée que la communauté chiite soit visée, estimant qu’elle partage les mêmes intérêts que les autres composantes du pays et que seul l’État est en mesure de garantir les droits de l’ensemble des citoyens.

Évoquant les négociations en cours, il a indiqué avoir encouragé le président Aoun à poursuivre le processus engagé dans le cadre de l’accord-cadre. «Personne n’est attaché à cet accord par principe, mais il n’existe pas d’autre solution à ce stade que les négociations», a-t-il déclaré.

Enfin, commentant le processus d’Islamabad, Samir Geagea a estimé qu’il relevait exclusivement des intérêts américains et iraniens et «n’avait aucun lien avec les intérêts du Liban». Selon lui, il s’agit avant tout d’une tentative de Téhéran de préserver son influence au Liban, ce qui «risque de maintenir le pays dans la même impasse».

Il a enfin assuré que le président Joseph Aoun était résolu à poursuivre ce processus jusqu’à son aboutissement, appelant l’ensemble des forces politiques à soutenir l’État plutôt qu’à le mettre en cause.

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