Israël-Liban : une nouvelle série de négociations prévue à Rome à la mi-juillet
©Ici Beyrouth

Près de trois semaines après les engagements conclus sous médiation américaine, le Liban et Israël doivent reprendre leurs discussions. Un nouveau cycle de négociations est prévu la semaine prochaine à Rome afin d'aborder les principaux dossiers encore en suspens, a annoncé lundi l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, lors d'une intervention au think tank américain Council on Foreign Relations à Washington.

«La semaine prochaine, nous nous réunirons à Rome», a déclaré le diplomate, précisant que les discussions réuniront des équipes spécialisées chargées de travailler séparément sur chacun des sujets de désaccord.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a ensuite confirmé la tenue de ces pourparlers, saluant sur le réseau social X l'annonce selon laquelle ce nouveau cycle de discussions, facilité par les États-Unis, se déroulera dans la capitale italienne.

 

Selon un porte-parole du ministère italien des Affaires étrangères, les rencontres devraient avoir lieu, sauf changement de dernière minute, les 15 et 16 juillet.

Un format inchangé

Cette session constituera le sixième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël depuis le printemps. Officiellement en état de guerre et sans relations diplomatiques, les deux pays avaient engagé à la mi-avril à Washington, sous médiation américaine, leurs premières discussions directes depuis les années 1980.

Comme lors des précédentes réunions, les discussions se dérouleront au niveau des ambassadeurs. Les équipes de négociation examineront séparément chacun des dossiers inscrits à l'ordre du jour, selon une méthode de travail destinée à faciliter les échanges sur les questions les plus sensibles.

M. Leiter a reconnu que les divergences demeuraient importantes entre les deux parties. Il a toutefois estimé que le travail mené au sein de groupes spécialisés devait permettre de traiter méthodiquement les principaux points de contentieux et, à terme, d'ouvrir la voie à un accord plus large.

Dans la continuité de l'accord du 26 juin

Ces nouvelles discussions s'inscrivent dans la mise en œuvre de l'accord-cadre conclu le 26 juin entre le Liban, Israël et les États-Unis.

Le texte prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais, sans fixer de calendrier pour un retrait complet. Il conditionne la poursuite du processus à la prise en charge des responsabilités sécuritaires par l'armée libanaise ainsi qu'au désarmement des groupes armés non étatiques, au premier rang desquels le Hezbollah. Il prévoit également le rétablissement progressif de l'autorité de l'État au sud du Litani, à commencer par des «zones pilotes» dont l'armée israélienne se retirerait progressivement.

Les autorités libanaises présentent cet accord comme une première étape vers le rétablissement de la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire et le retour des populations déplacées dans leurs villages.

Une situation toujours tendue sur le terrain

Les discussions de Rome se tiendront alors que la situation demeure particulièrement tendue dans le sud du Liban. Malgré le processus diplomatique engagé ces derniers mois, l'armée israélienne maintient sa présence dans plusieurs secteurs du territoire libanais.

Les hostilités ont repris le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré plusieurs roquettes contre le nord d’Israël en réaction à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, faisant voler en éclat le cessez-le-feu du 27 novembre 2024. L'État hébreu a répliqué par une vaste campagne de frappes aériennes, suivie d'une offensive terrestre. Selon les autorités libanaises, ces opérations ont fait près de 4.300 morts au Liban.

Sur le plan politique, le Hezbollah continue de rejeter les décisions de l'État libanais relatives au processus de négociation avec Israël et refuse toute perspective de normalisation. Le mouvement conserve par ailleurs ses capacités militaires et reste présent au Liban-Sud face à Israël, qui continue de bombarder sporadiquement la région, entretenant un climat de tension qui continue de peser sur les efforts diplomatiques.

Rome au cœur des efforts diplomatiques

En se tenant en Italie, ces négociations prennent une dimension plus internationale, dépassant le cadre trilatéral qui associait jusqu'ici le Liban, Israël et les États-Unis, sans pour autant modifier le rôle central de Washington. Elles constitueront surtout un test de la capacité des médiateurs américains à maintenir le dialogue, malgré les tensions persistantes sur le terrain.

Au-delà des discussions prévues en Italie, Yechiel Leiter et plusieurs médias libanais ont également indiqué que le président libanais Joseph Aoun devrait être reçu à la Maison-Blanche par le président américain Donald Trump le 21 juillet, une rencontre qui, si elle est confirmée, constituerait une nouvelle étape dans les efforts diplomatiques engagés autour du dossier libano-israélien.

 

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