Zones pilotes: déploiement imminent sous coordination américaine entre Haykal et Zamir
©Ici Beyrouth

Le Hezbollah suivait de près la visite effectuée dimanche par le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir, au château de Beaufort, au cœur du sud du Liban. Pourtant, ses combattants n’ont pas ouvert le feu, les consignes venues d’Iran étant de s’en abstenir. Le chef d’état-major a ainsi pu circuler librement dans l’enceinte de la forteresse et ses alentours, comme s’il effectuait une simple visite touristique. De quoi remettre une nouvelle fois en cause l’idée selon laquelle le Hezbollah combattrait exclusivement pour le Liban et la libération de son territoire. Peut-on dès lors réellement parler de «résistance» lorsqu’une telle occasion n’est volontairement pas saisie?

Selon les informations disponibles, cette discipline stricte du Hezbollah à l’égard des directives iraniennes pourrait avoir des répercussions négatives sur la mise en œuvre des zones pilotes dans le sud du Liban. Le mouvement se préparerait à entraver cette initiative en empêchant l’armée libanaise d’exercer pleinement ses missions dans les secteurs dont l’armée israélienne doit se retirer, en s’appuyant sur les «habitants» comme couverture à cette obstruction. L’objectif serait de faire échouer le cadre de coordination libano-israélien afin d’éviter que l’Iran ne perde la carte libanaise, qu’il chercherait à préserver dans le contexte du mémorandum d’entente américano-iranien. D’après ces mêmes sources, le Hezbollah serait prêt à s’engager dans cette stratégie de blocage sans se soucier d’une éventuelle réaction israélienne ni du risque d’une reprise des hostilités à grande échelle.

Le Hezbollah est conscient que faire obstacle à l’application des zones pilotes constituerait un véritable cadeau pour l’Iran, alors même que ce dernier observe sans intervenir les habitants du Sud tomber chaque jour sous les frappes israéliennes. Téhéran, qui s’était pourtant attribué le mérite du cessez-le-feu au Liban, ne fait aujourd’hui rien pour empêcher Israël de le violer, laissant la base populaire du Hezbollah faire face seule à son sort.

Parallèlement, le Liban et Israël poursuivent leurs préparatifs en vue du lancement, cette semaine, de la mise en œuvre des zones pilotes à Zawtar al-Gharbiyé et Froun. Beyrouth attend l’arrivée du commandant des Marines au sein du Commandement central américain (CENTCOM), le général Joseph Clearfield, accompagné de son équipe, afin d’engager des consultations avec le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, sur les modalités de mise en œuvre de cette initiative. Dans le même temps, les responsables américains maintiendront également un contact direct avec le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, afin d’assurer une coordination trilatérale complète autour du processus.

Selon des sources libanaises bien informées, la première étape de cette opération doit émaner d’Israël. Elles démentent par ailleurs les informations diffusées par des médias israéliens selon lesquelles Beyrouth aurait reçu une liste nominative d’officiers libanais dont Israël refuserait la présence au sud du Litani. À en croire ces mêmes sources, même si une telle demande avait effectivement été transmise, le Liban ne se considérerait nullement tenu d’y répondre favorablement.

Enfin, ces sources affirment n’avoir connaissance d’aucune évolution concernant la création de la cellule militaire quadripartite évoquée lors des négociations américano-iraniennes tenues en Suisse. Selon elles, cette structure n’a toujours pas été mise en place et aucune avancée n’a été enregistrée à ce stade.

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