Où se baigner au Liban cet été : la carte des 25 plages sûres
©Joseph Eid / AFP

Le Centre national des sciences de la mer, rattaché au Conseil national de la recherche scientifique (CNRS-Liban), a publié son rapport annuel 2026 sur l'état environnemental du littoral. Sur les 37 stations suivies le long de la côte, 25 sont déclarées propres à la baignade, soit 68 %. Douze autres sites restent déconseillés.

Les prélèvements portent sur la période allant de juin 2024 à juin 2026. Les résultats annuels correspondent à la moyenne des relevés de terrain menés sur cette période. La méthodologie suit le protocole du programme des Nations unies de surveillance des côtes (MEDPOL).

Comment les plages sont classées

Le centre surveille le littoral libanais depuis plus de 40 ans. Des échantillons d'eau sont prélevés chaque mois, de la surface jusqu'à 50 centimètres de profondeur, sur 37 stations fixes réparties d'Akkar au nord jusqu'à Naqoura au sud.

L'indicateur retenu est la concentration en streptocoques fécaux, mesurée selon les seuils de l'Organisation mondiale de la Santé (Guidelines for safe recreational water environments, 2003), sur la base du 95ᵉ centile. Le classement se lit par 100 millilitres d'eau de mer :

  • de 1 à 200 colonies: eau de très bonne à bonne qualité, baignade sûre

  • de 201 à 500 colonies: prudence à risque, eau non sûre

  • plus de 500 colonies: eau polluée à très polluée, baignade déconseillée

25 sites propres, du nord au sud

Les 25 sites jugés propres à la baignade se répartissent sur l'ensemble du littoral.

- Au nord et à Akkar : Akkar (Qleiat), Minié (plage à usage privé), Tripoli (près du stade municipal), Anfé (sous Deir el-Natour), Anfé (Taht el-Rih) et Héri (plage à usage privé).

- À Batroun et Jbeil : Selaata (plage populaire), Batroun (plage publique al-Bahsa), Batroun (al-Hamma), Amchit (plage populaire), Jbeil (plage al-Bahsa) et Jbeil (plage municipale).

- À Kesrouan et au Metn : Fidar (sous le pont), Aakoubé (embouchure du Nahr Ibrahim), Bouar (plage publique), Safra (sous Chir es-Safra) et Ghazir (plage de Maameltein).

- À Beyrouth et au Mont-Liban Sud : Beyrouth (Aïn el-Mreisseh, entre le nouveau port des pêcheurs et la Riviera), Khaldé (plage à usage privé) et Rmeilé (plage à usage privé).

- Au sud : Ghazieh (plage populaire), Sarafand (plage populaire), Adloun (plage populaire), Abbassieh (plage de la réserve) et Tyr (plage de la réserve naturelle).

Cinq sites de prudence, sept sites pollués

Cinq sites sont classés de prudence à non sûrs. Ils subissent une pollution bactérienne modérée, intermittente ou ponctuelle. Il s'agit de Tripoli (Mina, face à l'île Abdel Wahab), Damour (plage à usage privé), Awali (plage au nord de l'embouchure), Saïda (plage populaire) et Tyr (plage des restaurants).

Sept sites sont classés de pollués à très pollués. Leurs eaux dépassent largement les seuils autorisés en bactéries fécales et sont impropres à la baignade. Il s'agit de Tripoli (piscine populaire), Jounieh (piscine populaire sablonneuse), Dbayé (à côté du port), Antelias (embouchure du fleuve d'Antelias), Beyrouth (Manara, sous le phare), Beyrouth (Ramlet el-Baïda, plage populaire) et Jiyé (plage à usage privé).

Ce qui s'améliore, ce qui recule

En comparant les résultats de 2026 à ceux de 2025, le rapport relève des évolutions dans les deux sens.

Trois sites progressent : Akkar (Qleiat), Beyrouth (Aïn el-Mreisseh) et Ghazieh (plage populaire) passent tous de la catégorie prudence à la catégorie “bon”.

Six sites reculent. Tripoli (près du stade municipal), Aakoubé (embouchure du Nahr Ibrahim) et Tyr (réserve naturelle) passent de très bon à bon. Damour (plage à usage privé) passe de bon à risque. Tyr (plage des restaurants) passe de prudence à risque. Jiyé (plage à usage privé) passe de bon à pollué.

Le centre a par ailleurs converti ses données en une plateforme numérique interactive, censée donner un accès direct aux indicateurs et aux résultats site par site.

 

Les méduses de retour, plus tôt que prévu

Les méduses envahissent chaque été les eaux libanaises, généralement entre juillet et août. Cette année, leur arrivée a été précoce: elles sont apparues en nombre dès le début du mois de juin.

L'espèce dominante est Rhopilema nomadica, dite méduse migratrice. Venue de l'océan Indien et de la mer Rouge, elle a gagné le bassin oriental de la Méditerranée par le canal de Suez, où elle s'est installée et se reproduit. Elle est devenue l'une des espèces les plus courantes sur la côte libanaise pendant les mois chauds.

Le rapport rappelle que la méduse joue un rôle écologique: elle participe à l'équilibre marin, s'inscrit dans la chaîne alimentaire et sert d'indicateur des changements environnementaux et climatiques. Son corps est composé de 95 % d'eau. L'espèce existe depuis plus de 500 millions d'années.

La prolifération de certaines années est liée au réchauffement de l'eau, au changement climatique, à la pollution et à la surpêche, qui réduisent le nombre de prédateurs et d'espèces concurrentes.

En cas de piqûre : retirer les filaments restants à l'aide d'une pince ou d'un objet dur, sans les toucher directement. Rincer la zone à l'eau de mer, jamais à l'eau douce. Appliquer du vinaigre blanc pendant une minute. Poser une compresse froide pour soulager la douleur. Consulter un médecin en cas de symptômes sévères ou inhabituels.

Signes d'une réaction allergique grave : gonflement du visage, des lèvres ou de la langue, accélération ou trouble du rythme cardiaque, vertige intense ou évanouissement, éruption cutanée étendue.

Source : Centre national des sciences de la mer, Conseil national de la recherche scientifique (CNRS-Liban), rapport annuel 2026.

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