Le TFTC sanctionne des piliers du réseau financier du Hezbollah
Le département du Trésor américain à Washington, DC. ©Mandel Ngan / AFP

Le Centre de lutte contre le financement du terrorisme (TFTC) a annoncé mardi une série de sanctions coordonnées visant des éléments clés de l'infrastructure financière du Hezbollah, notamment Al-Qard al-Hassan, Bayt al-Mal, de hauts responsables financiers et des sociétés affiliées accusés d'aider le mouvement à transférer des fonds et à contourner les restrictions, selon un communiqué du département américain du Trésor.

L'annonce, faite à Washington, vise cinq entités et seize personnes. Selon le Trésor américain, toutes les personnes et organisations concernées faisaient déjà l'objet de sanctions américaines.

Le TFTC, qui regroupe les États-Unis et les six membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), affirme que ces sanctions visent à limiter l'accès du Hezbollah aux financements, protéger le système financier international et soutenir le peuple libanais en perturbant les réseaux utilisés par le mouvement pour financer ses activités.

Al-Qard al-Hassan et Bayt al-Mal visés

Parmi les principales cibles figurent Al-Qard al-Hassan (AQAH) et Bayt al-Mal, deux institutions que les autorités américaines présentent comme des piliers du système financier du Hezbollah.

Selon le communiqué, Al-Qard al-Hassan opère sous couvert d'une licence d'organisation non gouvernementale, tout en fournissant des services comparables à ceux d'une banque. L'institution est accusée de transférer des fonds au moyen de comptes de façade et d'intermédiaires.

Washington accuse également AQAH de thésauriser des devises dont l'économie libanaise a besoin et de permettre au Hezbollah de renforcer sa base de soutien tout en fragilisant la stabilité de l'État libanais.

Bayt al-Mal est décrit comme la trésorerie officieuse du Hezbollah, chargée de détenir et d'investir les actifs du mouvement et de servir d'intermédiaire entre celui-ci et les banques traditionnelles. Selon le Trésor, l'institution est placée sous la supervision directe du secrétaire général du Hezbollah.

Des responsables financiers sanctionnés

Les sanctions visent également Ibrahim Ali Daher, présenté comme le chef de l'Unité centrale des finances du Hezbollah, chargée de superviser le budget, les dépenses et les paiements du mouvement.

Figurent également sur la liste Adel Mohammad Mansour, directeur exécutif d'Al-Qard al-Hassan, ainsi qu'Ahmad Mohammad Yazbeck, directeur financier de l'institution. Selon le Trésor, ce dernier aurait contribué, avec d'autres responsables, au maintien de comptes ayant permis le transfert de plus de 500 millions de dollars à travers le système bancaire libanais sur une période de plus de dix ans, malgré les sanctions en vigueur.

Sont également sanctionnés Samer Hasan Fawaz, Ali Mohammad Karnib, Abbas Hassan Gharib, Mustafa Habib Harb, Ezzat Youssef Akar, Hasan Chehadeh Othman, Nehme Ahmad Jamil, Issa Hussein Kassir, Ali Ahmad Krisht, Naser Hasan Neser, Wahid Mahmud Subayti, Mohammed Suleiman Badir et Imad Mohammad Bezz.

Les autorités américaines accusent plusieurs de ces personnes d'avoir utilisé des «comptes parallèles» et des comptes bancaires personnels afin d'effectuer des transactions pour le compte d'institutions liées au Hezbollah.

Le TFTC a également sanctionné plusieurs entreprises présentées comme faisant partie du dispositif financier du Hezbollah, notamment Al-Khobara for Accounting, Auditing and Studies, Tashilat SARL et Auditors for Accounting and Auditing.

Selon le Trésor américain, Al-Khobara fournissait des services comptables à Al-Qard al-Hassan et était dirigée par des responsables de cette institution. Tashilat SARL aurait accordé des prêts pour le compte du Hezbollah et participé aux activités d'Al-Qard al-Hassan et de Bayt al-Mal. Quant à Auditors for Accounting and Auditing, elle est présentée comme un prestataire de services financiers pour l'Unité centrale des finances du Hezbollah.

Pression accrue sur le financement du Hezbollah

Cette annonce constitue la troisième série de sanctions du TFTC sous l'administration américaine actuelle et la neuvième depuis la création du centre en 2017 sous la présidence de Donald Trump.

Le Trésor américain affirme que cette action coordonnée s'inscrit dans un effort plus large des membres du TFTC visant à renforcer les échanges de renseignements, perturber les réseaux de financement du terrorisme et empêcher le Hezbollah d'exploiter le système financier international.

Cette décision intervient alors que Washington et ses partenaires accentuent la pression sur les réseaux financiers et politiques du Hezbollah, dans le cadre des efforts visant à renforcer l'autorité de l'État libanais et à limiter les capacités militaires et financières autonomes du mouvement.

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