Xi Jinping accueilli en grande pompe en Corée du Nord, loue une amitié «invincible»
Cette photo, prise le 4 septembre 2025 et diffusée le 5 septembre 2025 par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA (Agence centrale de presse coréenne), montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (à gauche) serrant la main du président chinois Xi Jinping à Pékin. ©STR / KCNA VIA KNS / AFP

La Corée du Nord accueille lundi en grande pompe le président chinois Xi Jinping pour une rare visite de deux jours, Pékin vantant une amitié «invincible» à l'heure où Pyongyang se rapproche fortement de Moscou.

La Chine est un soutien diplomatique, économique et politique essentiel pour la Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions de l'ONU en raison de ses programmes nucléaires et balistiques.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et son épouse Ri Sol-ju ont accueilli Xi Jinping, accompagné de son épouse Peng Liyuan, à l'arrivée de leur avion Air China à Pyongyang, selon une vidéo diffusée par l'agence d'État Chine Nouvelle.

Le président chinois a ensuite été honoré par une vaste cérémonie sur l'immense place Kim Il Sung, avec militaires au garde-à-vous, immenses portraits des deux dirigeants, hymnes nationaux et foule brandissant drapeaux, fleurs et ballons.

Il s'agit de la première visite de Xi Jinping en Corée du Nord depuis 2019.

Cette visite intervient moins d'un mois après les déplacements à Pékin des présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine, alors que les discussions nucléaires entre Pyongyang et Washington restent dans l'impasse.

Xi Jinping, accompagné notamment du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, devrait chercher à réaffirmer la prééminence des relations sino-nord-coréennes, notamment face au rapprochement croissant entre Pyongyang et Moscou et à l'éventualité d'une nouvelle tentative américaine de dialogue avec le régime nord-coréen.

«Peu importe l'évolution des temps ou la façon dont la situation internationale se transforme, l'amitié traditionnelle entre la Chine et la Corée du Nord est toujours invincible», a déclaré Xi Jinping dans une tribune publiée en une du Rodong Sinmun, le quotidien du Parti des travailleurs de Corée.

«Privilégier la stabilité»

La Maison Blanche a indiqué le mois dernier que Xi Jinping et Donald Trump avaient «confirmé leur objectif commun de dénucléarisation de la Corée du Nord» lors de leur récent sommet à Pékin.

Mais, à la veille de la visite du président chinois, Kim Yo Jong, la sœur influente du dirigeant nord-coréen, a réaffirmé qu'il était hors de question d'abandonner l'arme nucléaire.

Depuis l'échec du sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump en 2019, la Corée du Nord a déclaré à plusieurs reprises que son statut de puissance nucléaire était «irréversible».

Le président sud-coréen Lee Jae Myung a estimé lundi que Séoul ne devait pas renoncer à la dénucléarisation de la Corée du Nord au risque de déclencher un effet domino dans toute l'Asie de l'Est.

«La Corée du Nord produit encore des matières nucléaires à l'heure même où nous parlons», a déclaré le chef de l'État sud-coréen.

Donald Trump s'est dit prêt à rencontrer de nouveau Kim Jong Un, qu'il avait vu à trois reprises durant son premier mandat, mais ses récents appels n'ont reçu aucune réponse.

«Pékin a probablement déjà accepté la Corée du Nord comme puissance nucléaire», estime Minseon Ku, professeure à l'université DePaul aux États-Unis. Selon elle, Xi Jinping devrait néanmoins rappeler à Kim Jong Un que «la Chine veut la stabilité plus que tout».

«La Chine a toujours privilégié la stabilité et doit actuellement gérer ses relations et ses différends avec les États-Unis», souligne-t-elle.

Alliance militaire

Pour Seong-Hyon Lee, chercheur invité au Harvard University Asia Center, Pékin semble désormais privilégier le «soutien à la durabilité du régime» plutôt que la dénucléarisation.

«La stratégie régionale plus large de la Chine bénéficie d'un État-tampon stable, lourdement armé et aligné, ce qui accapare une partie des ressources militaires des États-Unis et de leurs alliés», a-t-il expliqué.

La Corée du Nord demeure le seul pays lié à la Chine par une alliance militaire officielle et contraignante.

«À mesure que le statut international de la Chine s'élève, Pékin cherche probablement à attirer plus activement Pyongyang dans son orbite diplomatique», estime également Lim Eul-chul, de l'université Kyungnam.

Cette visite intervient alors que Kim Jong Un s'est considérablement rapproché de Moscou, envoyant des milliers de soldats soutenir les forces russes dans la guerre en Ukraine.

En septembre dernier, Kim Jong Un était apparu aux côtés de Xi Jinping et Vladimir Poutine lors d'un grand défilé militaire à Pékin, illustrant son influence croissante sur la scène internationale.

Pour Jun Sang-gab, guide touristique sud-coréen de 65 ans vivant près de la frontière intercoréenne, l'espoir demeure que Pyongyang «ouvre son économie» et s'inspire du modèle de développement chinois afin d'éviter «des incidents tels qu'une unification armée ou une guerre».

AFP

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