Alors qu’un simple nul suffisait au football libanais pour rejoindre la Coupe d’Asie 2027, le Liban a craqué face au Yémen (0-2), jeudi soir à Doha. Battue dans le match qu’elle ne devait surtout pas perdre, la sélection libanaise laisse filer un billet continental qui lui tendait les bras. Un immense gâchis, à la hauteur de l’occasion manquée.
Le football libanais avait rendez-vous avec son histoire. Il repart avec ses regrets. Au Grand Hamad Stadium, dans cette finale du groupe B des qualifications asiatiques, tout était pourtant clair avant le coup d’envoi : le Liban comptait 13 points, le Yémen 11, et un simple partage des points suffisait aux hommes de Magid Bougherra pour valider une troisième qualification d’affilée pour la Coupe d’Asie, la quatrième de leur histoire. Mais le scénario a viré au cauchemar : Al-Gahwashi a frappé à la 63e minute, avant qu’un second but yéménite dans le temps additionnel ne ferme définitivement la porte.
Le piège s’est refermé
Dans ce genre de match, il ne faut pas forcément briller. Il faut tenir. Fermer l’axe, gagner les deuxièmes ballons, faire tourner l’horloge, éviter la faute inutile, casser les temps forts adverses. Le Liban avait deux résultats sur trois. Le Yémen n’en avait qu’un. Et c’est pourtant le Yémen qui a joué avec l’urgence juste, pendant que la sélection libanaise a semblé prisonnière de son avantage.
Le plus cruel tient peut-être à l’impression laissée. Le Liban n’a pas été balayé par une armada. Il s’est lentement enfermé dans un match qu’il semblait vouloir neutraliser plus que gagner. Comme si le nul, suffisant sur le papier, avait contaminé les jambes et les intentions. Or on ne défend pas une qualification pendant quatre-vingt-dix minutes sans finir, tôt ou tard, par payer le prix de la prudence.
Le choix de subir
Ce n’était pas l’Italie des grandes heures, capable de verrouiller une soirée au cadenas et au chronomètre. C’était une sélection libanaise en reconstruction, avec ses absences, ses nouveaux repères, un nouveau sélectionneur et un avantage comptable transformé en piège mental. À force de reculer, de laisser le Yémen croire à son coup, le danger a fini par prendre forme.
À la 63e minute, le but d’Al-Gahwashi a fait basculer la soirée. Celui que le Liban devait absolument éviter. Celui qui transforme une qualification virtuelle en panique réelle. Menée, la sélection libanaise devait alors changer de costume : passer de gestionnaire à chasseuse. Mais le ressort était déjà cassé. Les ballons sont devenus plus lourds, les transmissions moins nettes, les attaques moins tranchantes.
Un billet perdu, pas arraché
Le Yémen, lui, a fait ce qu’il devait faire : pousser, croire, frapper, puis défendre son but comme un coffre-fort. Dans le temps additionnel, le second but est venu tuer ce qui restait d’espoir, de calculs et d’illusions. Le Liban termine derrière le Yémen dans un groupe qu’il avait pourtant longtemps tenu par le col.
C’est cela qui rend la défaite si difficile à digérer. Toute la campagne avait placé les Libanais en position idéale : quatre victoires, un nul, 14 buts marqués, aucun but encaissé avant cette finale, et deux points d’avance au départ. Il ne s’agissait pas de gravir une montagne. Il s’agissait de ne pas tomber sur la dernière marche.
Le football libanais avait son destin entre les pieds. Il l’a laissé filer.
Un nul suffisait. Le Liban a joué comme si cela suffisait à faire un nul. Le Yémen, lui, a joué pour gagner. Voilà toute l’histoire.




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