Taekwondo: Charbel Raad, le bronze au bout du combat à Luxembourg
L’armada libanaise au Luxembourg: Charbel Raad, médaillé de bronze, entouré de Peter et Mark Zarifeh, avec le drapeau libanais pour étendard. ©Lebanese Taekwondo Federation

Le taekwondo libanais continue de voyager avec du répondant. À la Luxembourg Open, tournoi international classé G1, Charbel Raad a décroché la médaille de bronze, offrant au Liban un nouveau podium sur les tapis européens. Une performance solide pour le représentant libanais, accompagné par le Grand Master Ralph Harb, directeur des équipes nationales et entraîneur de la délégation.

 

Le Liban n’est pas rentré les mains vides de Luxembourg. Dans un tournoi international relevé, inscrit au calendrier World Taekwondo, Charbel Raad a réussi à monter sur le podium en s’offrant une médaille de bronze. Une breloque qui pèse plus lourd qu’un simple accessit: dans ce type d’Open G1, chaque combat est un test, chaque tour un piège, chaque point une bataille d’angles, de timing et de lucidité.

Raad a donc fait le boulot. Dans une discipline où la puissance compte, mais où l’allonge, la lecture tactique et la gestion de la distance font souvent la différence, le Libanais a su tenir son rang. Une médaille internationale ne se ramasse jamais par hasard. Elle se construit au fil des reprises, avec la garde haute, les nerfs solides et le coup juste au bon moment.

Le kyorugi, une affaire de distance et de sang-froid

Pour les non-initiés, le taekwondo de combat, ou kyorugi, est la version la plus connue de la discipline olympique. Deux athlètes s’affrontent sur une aire de combat, équipés de protections électroniques. Les points sont marqués par des coups de pied et de poing autorisés, principalement au plastron et à la tête.

Mais réduire le taekwondo à des coups de pied spectaculaires serait trop simple. Le haut niveau se joue dans les détails: provoquer l’ouverture, contrôler la distance, déclencher avant l’autre, éviter la pénalité, casser le rythme, puis ressortir sans offrir de contre. C’est un sport d’explosivité, mais aussi de patience. Une partie d’échecs jouée avec les jambes, le buste, le regard et le chronomètre.

Une délégation libanaise au contact

La délégation libanaise était encadrée par le Grand Master Ralph Harb, directeur des équipes nationales, qui a accompagné les athlètes tout au long de la compétition. Autour de Charbel Raad figuraient également les jumeaux Marc et Peter Zarifeh, engagés respectivement chez les moins de 63 kg et les moins de 68 kg.

Marc Zarifeh a remporté son premier combat face à un adversaire suisse avant de s’incliner au deuxième tour contre un Français. Peter Zarifeh, lui, a débuté par une victoire contre un Néerlandais, avant de céder lors de son deuxième combat face à un autre représentant des Pays-Bas. Deux parcours stoppés avant le podium, mais qui confirment une chose: les Libanais étaient bien dans le match, au contact, dans le rythme d’une compétition exigeante.

Dans ces tournois, l’expérience compte presque autant que le résultat. Affronter des profils européens variés, passer d’une école de combat à l’autre, gérer les temps d’attente, les tirages, l’arbitrage et la pression du tapis: tout cela fait partie de la construction d’un athlète international.

Un bronze qui entretient la dynamique

Cette médaille de Charbel Raad s’ajoute à une série de signaux positifs pour le taekwondo libanais. Sous l’impulsion de la Fédération libanaise de taekwondo, présidée par Habib Zarifeh, la discipline continue de donner au sport national des résultats à l’extérieur, malgré un contexte local compliqué, des moyens limités et une préparation souvent plus difficile que celle de nombreuses délégations concurrentes.

Le bronze luxembourgeois n’a peut-être pas le bruit d’un grand sacre continental, mais il a la valeur des résultats qui construisent une filière: un podium, des combats gagnés, une délégation qui voyage, des athlètes qui apprennent, un staff qui consolide. Le taekwondo libanais avance ainsi, par touches, par coups nets, par médailles parfois discrètes mais jamais anodines.

 

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