La présidence française a jugé mardi que la «zone tampon» imposée par l'armée israélienne dans le sud du Liban était «temporaire», sans réclamer son démantèlement immédiat, tout en affirmant que «l'intégrité territoriale» libanaise devra être respectée «à l'issue des négociations» entre les deux pays.
Le président français Emmanuel Macron reçoit mardi après-midi à Paris le Premier ministre libanais Nawaf Salam, alors que la situation reste très instable au Liban où un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur. De nouvelles discussions sont prévues jeudi à Washington entre diplomates israéliens et libanais.
La France avait affirmé dimanche que la visite du chef du gouvernement permettrait de rappeler son «soutien» à «l'intégrité territoriale» du Liban et à ses efforts pour désarmer le Hezbollah pro-iranien implanté dans le sud du pays.
Mais l'Elysée a semblé relativiser mardi la «zone tampon» instaurée par Israël dans cette région.
Les autorités israéliennes disent avoir tracé une «ligne jaune» en profondeur dans le sud du Liban, où leurs troupes combattent le Hezbollah, affirmant vouloir protéger les populations israéliennes du nord des tirs provenant du mouvement chiite.
«Il ne faut pas trop aujourd'hui s'occuper des prises de position israéliennes qui sont d'abord et avant tout des prises de positions “défensives”, au sens de l'établissement d'une zone tampon qu'ils estiment être nécessaire pour assurer leur sécurité», a dit à la presse un responsable français, jugeant qu'elle avait «vocation à être temporaire».
«Aujourd'hui, l'enjeu n'est pas de faire bouger ces lignes et de retourner immédiatement à des lignes qui ont été établies par les différents mandats. Aujourd'hui, l'enjeu c'est de la stabilisation de la situation et éviter que les combats ne reprennent», a-t-il insisté.
Selon lui, c'est «à l'issue des négociations» qui se préparent entre les deux pays que cette zone «devra être rendue aux Libanais», dont «l'intégrité territoriale devra être respectée», dans le cadre d'une «paix durable».
Alors que des responsables israéliens ont clairement fait savoir qu'ils voulaient que la France reste à l'écart des négociations, l'Élysée a défendu son rôle dans tout futur règlement.
«La France fait partie des pays qui ont un rôle très concret et très direct pour pouvoir “renforcer la main” du gouvernement libanais, pour pouvoir soutenir son action très concrètement» dans la «mise en oeuvre» du désarmement du Hezbollah, a plaidé une conseillère d'Emmanuel Macron. «Il y a assez peu de pays qui sont capables de se mobiliser très directement», «la France en fait partie», et les Israéliens comme les Américains «en sont bien conscients, a-t-elle ajouté.
AFP



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