Le Liban mène une guerre ouverte contre les réseaux de trafic de drogue, qui non seulement engrangent des profits illégaux, mais menacent également les relations du pays avec le reste du monde, notamment avec les pays du Golfe, avec lesquels il entretient des liens historiques, économiques et sociaux étroits.
Le trafic de stupéfiants n’est plus un simple phénomène criminel transfrontalier, mais constitue désormais une menace directe pour l’image du Liban, ses intérêts politiques et économiques, ainsi que ses relations avec les pays arabes et étrangers. Chaque saisie d’une cargaison de drogue en provenance du territoire libanais ravive les craintes de voir des organisations criminelles tenter d’imposer l’image d’un Liban transformé en plateforme d’exportation de stupéfiants. Une situation qui fragilise les exportations libanaises et expose le pays à des défis sécuritaires et diplomatiques croissants.
Alors que les forces de sécurité et les services douaniers intensifient leurs opérations contre ces filières, les éléments disponibles montrent que les autorités sont désormais confrontées à des organisations structurées, disposant d’importants moyens et à la recherche constante de nouveaux marchés.
Dans ce contexte, le ministère des Finances a annoncé que la douane libanaise avait saisi, dans le port de Beyrouth, une importante cargaison de stupéfiants d’un poids de trois tonnes et demie. La marchandise, destinée à être acheminée vers un pays africain, a été interceptée avant son départ, tandis que tous les membres du groupe impliqué ont été arrêtés sous la supervision de la justice compétente.
Une source sécuritaire a indiqué à Houna Loubnan que la cargaison était composée de haschich, dissimulé de manière professionnelle en vue de son exportation vers un pays africain. Une partie de cette quantité devait ensuite être acheminée vers un pays européen par l’intermédiaire de réseaux internationaux de trafic actifs entre l’Afrique et l’Europe.
Selon cette même source, les investigations menées après la saisie ont permis d’identifier tous les membres du réseau. Des opérations coordonnées ont ensuite conduit à leur arrestation, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices au Liban et à l’étranger, et d’identifier les parties qui devaient réceptionner la cargaison hors du pays.
Interrogée sur une éventuelle destination finale vers les pays du Golfe, la source a catégoriquement écarté cette hypothèse, expliquant que «le marché du Golfe n’est pas un marché pour le haschich». En effet, les réseaux qui ciblent cette région privilégient principalement le trafic de comprimés de captagon. De faibles quantités de marijuana peuvent également y être introduites, mais elles restent marginales par rapport au captagon, qui constitue la substance la plus recherchée par ces filières.
Chaque marché répond ainsi à des logiques propres en matière de stupéfiants. Les organisations criminelles internationales adaptent leurs opérations en fonction de la demande, des prix et des capacités de distribution, ce qui explique la diversité des destinations des cargaisons interceptées.
La source sécuritaire a également affirmé que les autorités libanaises avaient renforcé la coordination entre les différents services de sécurité et les douanes dans les ports, aux frontières et aux points de passage, après plusieurs tentatives visant à utiliser le territoire libanais comme point de départ pour des cargaisons de drogue. Elle a souligné que les dernières opérations avaient infligé de lourdes pertes aux réseaux criminels.
Dans le cadre du suivi renforcé des filières de trafic, la même source a révélé que les autorités étaient sur le point d’annoncer l’interception d’une nouvelle cargaison importante destinée à être acheminée vers un grand pays du Golfe. Les premières investigations seraient arrivées à un stade avancé, et l’annonce officielle interviendra dès l’achèvement des procédures judiciaires et sécuritaires nécessaires.
«Nous sommes dans une guerre ouverte contre les réseaux de drogue. Ils ne cherchent pas uniquement à réaliser des profits illégaux, mais tentent également de porter atteinte aux relations du Liban avec les pays du monde, en particulier les États du Golfe, qui entretiennent avec notre pays des liens historiques, économiques et sociaux solides», a déclaré la source.
Les dernières saisies témoignent du niveau de coordination entre les services de sécurité, la justice et les douanes. Elles montrent également que les narcotrafiquants continuent de développer de nouvelles méthodes pour contourner les dispositifs de contrôle, ce qui impose une vigilance constante et un renforcement de la surveillance dans les ports, à l’aéroport et aux frontières terrestres.
Cette opération, qui s’inscrit dans une série d’actions destinées à assécher les sources d’approvisionnement des réseaux de drogue, envoie un message clair: le Liban n’entend pas laisser son territoire devenir une plateforme d’exportation de stupéfiants. La préservation de sa réputation ainsi que de ses relations arabes et la communauté internationale constitue désormais un axe majeur de la lutte menée par l’État contre le crime organisé.



Commentaires