Pourparlers de paix entre le Liban et Israël, de rares précédents
Cette photographie prise depuis la région de Tyr, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe israélienne ayant visé le village de Qlaileh, le 11 avril 2026. ©Kawnat Haju / AFP

Les pourparlers directs préliminaires de paix qui réunissent mardi à Washington des représentants libanais et israélien ont connu de rares précédents depuis la création de l'État d'Israël.

1949, un fragile accord d'armistice

Le 15 mai 1948, au lendemain de la proclamation de l'Etat d'Israël, le premier conflit israélo-arabe éclate. Cinq pays (Egypte, Syrie, Jordanie, Liban et Irak) qui avaient refusé le plan de partage de la Palestine en deux Etats, juif et arabe, voté en novembre 1947 par l'ONU, entrent en guerre contre le nouvel Etat.

En 1949, une convention d'armistice est signée entre Israël et ses voisins (le 23 mars à Ras Naqoura entre le Liban et Israël). Mais lors de la guerre israélo-arabe des Six jours en juin 1967, Israël dénonce ces accords d'armistice.

1983, un accord de paix resté lettre morte 

Le 6 juin 1982, les troupes israéliennes envahissent le Liban, une opération baptisée «Paix en Galilée» qui visait à déloger les combattants palestiniens mais qui se soldera par une occupation de près de 18 ans.

Le 17 mai 1983, le Liban et Israël signent un accord sur le retrait des forces israéliennes du Liban. Obtenu après quatre mois et demi de négociations directes avec la participation des Etats-Unis, l'accord est abrogé moins d'un an plus tard, en mars 1984, sous la pression de la Syrie et des partis libanais qui lui étaient alliés.

1991-93, des négociations à Washington

Fin 1991, des négociations bilatérales entre Israël et la Syrie, le Liban, la Jordanie et une délégation palestinienne démarrent dans le sillage de la conférence internationale sur la paix au Moyen Orient à Madrid.

Dix sessions de négociations bilatérales se tiennent à Washington pendant vingt mois, jusqu'en 1993, sans aboutir.

2022, accord sur les frontières maritimes

Après des années de médiation américaine, le Liban et Israël signent le 27 octobre 2022 un accord qui délimite leur frontière maritime et assure la répartition de précieux gisements gaziers offshore en Méditerranée orientale.

Les délégations des deux pays n'ont pas eu de contact officiel et l'accord a pris la forme de deux échanges de lettres, l'un entre le Liban et les Etats-Unis et l'autre entre Israël et les Etats-Unis.

2024, un fragile accord de cessez-le-feu

En novembre 2024, un cessez-le-feu met fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah mais l'armée israélienne poursuit ses frappes au Liban affirmant vouloir empêcher le Hezbollah de reconstituer ses forces.

Des responsables civils participent pour la première fois, aux côtés des militaires libanais et israéliens, en décembre 2025, à des réunions de l'organisme de surveillance du cessez-le-feu dans le sud du Liban (dirigé par les Etats-Unis et qui comprend également la France et l'ONU), les premières discussions directes depuis des décennies entre les deux pays.

AFP

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