Un mois et demi après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, il est encore prématuré de déterminer l’évolution des transferts de la diaspora libanaise, à la hausse ou à la baisse, indiquent à Ici Beyrouth plusieurs cabinets de recherche et de statistiques.
Toutefois, une source diplomatique citée par certains médias évoque une baisse initiale d’environ 5 % des envois de fonds, qui pourrait atteindre 15 % si le conflit se prolonge. La situation fait l’objet d’un suivi attentif de la Banque mondiale et du FMI.
Un “contrat social” qui résiste aux crises
L’inquiétude gagne les familles libanaises dépendantes du soutien financier de leurs proches expatriés. Dans un contexte de ralentissement économique mondial lié au conflit, notamment dans les pays du Golfe où vivent près d’un demi-million de Libanais, les craintes se renforcent.
Mais une constante demeure : en période de crise, les transferts ont tendance à augmenter, les besoins des familles restées au pays devenant plus pressants. Même en cas de recul, celui-ci resterait limité. Ces envois d’argent relèvent en effet d’un véritable « contrat social » entre expatriés et leurs proches, davantage destiné à soutenir les ménages qu’à financer des investissements ou des loisirs. Selon la Banque du Liban, ils avoisinent en moyenne 6,5 milliards de dollars par an. Ce chiffre reflète les fonds qui transitent par les canaux bancaires et non ceux transférés directement de personne à personne.
Pression sur la diaspora dans le Golfe
Les inquiétudes des Libanais s’expliquent par le fait que plusieurs entreprises dans le Golfe, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis, ont suspendu le renouvellement des permis de séjour et des contrats de travail arrivés à expiration. D’autres ont procédé à des réductions de salaires pouvant atteindre 30 %, ou ont imposé des congés non payés, en particulier dans les secteurs de l’hôtellerie et du commerce.
Pour autant, les analystes se veulent rassurants : les économies du Golfe reposent sur des fondamentaux solides, soutenus par d’importantes réserves de pétrodollars et des fonds souverains largement dotés.
Une diaspora fortement concentrée dans la région
L’Arabie saoudite accueille la plus grande communauté, estimée à environ 300 000 personnes, suivie des Émirats arabes unis avec près de 169 000 Libanais actifs. Au Koweït, ils seraient environ 106 000, tandis qu’au Qatar, les estimations avoisinent les 191 000 expatriés.
Par ailleurs, si 45 à 50 % des transferts de fonds proviennent des Libanais installés dans les pays du Golfe, l’autre moitié est assurée par les Libanais de l’étranger établis en Europe occidentale, en Australie, en Afrique ainsi que dans les deux Amériques.
Historiquement, les flux ne se sont jamais arrêtés
Il est toutefois constant que les transferts des expatriés vers le Liban ne se sont jamais interrompus, même dans les circonstances les plus difficiles. Ils ont toutefois connu un léger recul durant la pandémie de coronavirus en 2020, d’environ 10 %, passant de 6,9 milliards de dollars en 2019 à 6,2 milliards en 2020. En 2024, après l’extension de la guerre israélienne au Liban, ils ont atteint environ 7 milliards de dollars, contre 6,4 milliards en 2023. En 2025, ils sont revenus à leur niveau habituel, soit environ 6,5 milliards de dollars.




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