Une frappe de drone israélienne près de Naqoura, au Liban-Sud, la semaine dernière, a ravivé les interrogations sur la présence de combattants étrangers, en dehors du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, engagés aux côtés du Hezbollah.
Alors que le Hezbollah a affirmé que les combattants tués dans la frappe aérienne étaient originaires du sud, l’armée israélienne a identifié ces militants comme membres de la «Brigade al-Imam al-Hussein», une formation liée à l’Iran et connue pour inclure des combattants étrangers.
Selon une source militaire libanaise, qui s’est confiée à Ici Beyrouth sous couvert d’anonymat, de fortes indications suggèrent que des combattants non libanais participent aux opérations militaires du Hezbollah.
«Je suis presque certain que des combattants non libanais, notamment des chiites syriens et irakiens, en plus des Iraniens, combattent dans le sud», a précisé la source. «Tous, qu’ils soient libanais ou non, opèrent sous le commandement et le contrôle du CGRI».
L’analyste militaire Riad Kahwaji a appelé à la prudence avant de tirer des conclusions. «Bien que les informations faisant état de combattants étrangers soient répandues et plausibles, aucune preuve concrète ne confirme leur présence sur le terrain», a-t-il déclaré à Ici Beyrouth. «À ce stade, les seuls combattants non libanais dont la présence aux côtés du Hezbollah est confirmée sont des opérateurs iraniens affiliés au CGRI», a-t-il ajouté.
L’analyste politique Ali el-Amin a également insisté sur la prudence concernant les informations évoquant la présence de combattants étrangers autres que les opérateurs du CGRI. «Il est fort probable que des combattants non libanais issus de groupes tels que la Brigade Palestine, la Brigade al-Imam al-Hussein ou le Hezbollah irakien soient présents, mais cela reste à confirmer», a-t-il déclaré à Ici Beyrouth.
Pour l’analyste, la question des combattants étrangers ne peut être dissociée du rôle militaire plus large joué par Téhéran au Liban. Selon lui, l’Iran a assumé un rôle plus direct au sein du Hezbollah après que le mouvement a subi d’importantes pertes parmi ses dirigeants lors de la guerre de 2024 avec Israël.
«Ils sont intervenus pour encadrer les opérations du Hezbollah», a-t-il indiqué, ajoutant que tout combattant étranger engagé aux côtés du Hezbollah n’agirait pas de manière indépendante. «Tous les combattants opèrent sous l’égide du CGRI et du Hezbollah», a-t-il conclu.
La brigade al-Imam al-Hussein illustre cette dimension transnationale. Fondée en 2016 par feu le chef de la Force Qods du CGRI, Qassem Soleimani, tué lors d’une frappe américaine en janvier 2020, cette unité regroupe des combattants venus de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen et du Liban.
Initialement créée pour lutter contre l’État islamique, la brigade a depuis élargi son champ d’action, principalement en Syrie. Selon des responsables israéliens, elle est de plus en plus active au Liban, où elle aurait participé à des attaques transfrontalières en coordination avec le Hezbollah et le CGRI.
Le 1ᵉʳ avril, le quotidien libanais Nidaa al-Watan a rapporté que d’anciens militaires syriens du régime de Bachar el-Assad combattaient aux côtés du Hezbollah, précisant que l’un d’eux avait été tué à Khiam, où de violents affrontements se poursuivent.
Le journal a également indiqué que des milliers d’anciens partisans du régime syrien sont présents au Liban, concentrés dans la Békaa, notamment dans un camp de réfugiés contrôlé par le Hezbollah et qui aurait accueilli des officiers du CGRI.
Les implications dépassent le champ de bataille. À mesure que l’implication étrangère, confirmée ou supposée, s’intensifie, le Liban risque de devenir un terrain de plus en plus ouvert aux rivalités régionales. Avec le CGRI jouant un rôle central et le Hezbollah continuant à présenter le conflit comme existentiel, la frontière entre dynamique locale et enjeux régionaux s’estompe rapidement.



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