Les habitants de la localité, qui se sont toujours considérés comme un «rempart du pays», restent déterminés à rester à Debl. Leur présence, affirment-ils, constitue la meilleure garantie de la continuité de la vie sur cette terre, et un message sans équivoque: le village ne sera pas vidé de ses habitants, nonobstant les épreuves.
À l’extrême sud du Liban, Debl fait partie de ces localités frontalières dont la situation géographique a toujours été ambivalente: atout stratégique d’un côté, source permanente de souffrances de l’autre. Aujourd’hui, le village traverse une période particulièrement éprouvante, pris dans l’étau des tensions sécuritaires liées aux affrontements entre le Hezbollah et l’armée israélienne, au point de se retrouver de facto assiégé des deux côtés.
Notre confrère de Houna Loubnan a recueilli le témoignage du père Fadi Felfli, curé de la paroisse Saint-Georges de Debl. Celui-ci rappelle que la localité ne se réduit pas à un simple village frontalier, mais à une terre profondément enracinée dans l’histoire et la foi. Depuis 1920, elle a subi les affres de conflits à répétition sans jamais plier.
Malgré l’adversité, les habitants restent attachés à leur terre, par conviction et par foi, et non par témérité. Environ 420 familles, soit près de 1.750 personnes, continuent d’y vivre, refusant de partir en dépit des dangers quotidiens.
Pour le prêtre, ce choix n’a rien de circonstanciel: il traduit un attachement viscéral à la terre et à l’identité, ainsi qu’une conviction profonde. La ténacité demeure le seul moyen de préserver le sud du Liban dans son caractère libanais.
Sur le plan humanitaire, la situation est alarmante. Debl souffre d’une pénurie aiguë de denrées alimentaires, de médicaments, de lait infantile, ainsi que de produits d’hygiène de première nécessité. Les routes reliant le village à son environnement ont été fermées à plusieurs reprises, accentuant son isolement, même si l’un des axes vitaux a récemment rouvert partiellement.
Le père Fadi souligne que les habitants, fidèles à leur rôle de «rempart du pays», restent résolus à tenir bon. Leur présence est, selon lui, une garantie de la pérennité de la vie locale et une affirmation claire que Debl ne sera pas abandonnée.
Face à cette situation critique, le prêtre lance un appel pressant à l’État libanais, l’exhortant à intervenir sans délai afin de répondre aux besoins essentiels de la population et de soutenir leur ténacité face au siège. Il appelle également les organisations humanitaires et les acteurs concernés à intensifier leurs efforts pour venir en aide aux habitants dans cette phase particulièrement délicate.
En conclusion, il exprime l’espoir que les jours à venir porteront les prémices d’un apaisement. Les habitants de Debl, dit-il, aspirent à retrouver la sécurité, nourrissant l’espoir que la fête de Pâques puisse marquer, au-delà du village, une véritable renaissance pour le Liban dans son ensemble.
Ainsi, Debl s’impose aujourd’hui comme un symbole vivant de la résilience libanaise: un village modeste par sa taille, immense par la volonté de ses habitants, qui oppose à l’isolement et à la peur la force de la foi et de l’appartenance, écrivant, par sa constance, une page de l’histoire d’un pays qui refuse de céder.



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