La Thaïlande dit avoir conclu un accord avec l'Iran sur le détroit d'Ormuz
Des pétroliers sont visibles dans le terminal à conteneurs de Khor Fakkan, seul port naturel en eau profonde de la région et l’un des principaux ports à conteneurs de l’émirat de Sharjah, le long du détroit d’Ormuz, une voie maritime par laquelle transite un cinquième de la production mondiale de pétrole, le 23 juin 2025. ©Giuseppe Cacace / AFP

La Thaïlande a affirmé samedi avoir conclu un accord avec l'Iran pour permettre le passage «en toute sécurité» de ses navires pétroliers dans le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Cela contribuera «à apaiser les inquiétudes concernant l'acheminement de carburant vers la Thaïlande», a estimé le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul lors d'une conférence de presse.

«Avec cet accord, nous sommes confiants de ne plus avoir à connaître de perturbations comme celles observées début mars», a-t-il ajouté.

La Thaïlande a fait valoir auprès de l'Iran qu'elle n'était «pas partie au conflit et avait le droit à un passage maritime sûr en vertu du droit international», a expliqué le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow.

«Dans le cadre du mécanisme actuel, la Thaïlande informera l'Iran à l'avance de tout navire traversant le détroit et l'Iran répondra en conséquence», a-t-il détaillé, précisant qu'un pétrolier thaïlandais était déjà passé par le détroit grâce à cet accord et que d'autres s'apprêtaient à le faire.

Les pays d'Asie du Sud-Est subissent de plein fouet les difficultés d'approvisionnement en carburant provoquées par la guerre au Moyen-Orient, déclenchée il y a un mois.

Après avoir été initialement plafonné à 30 bahts (0,79 euro) le litre par le gouvernement, le prix du gazole a augmenté cette semaine de 6 bahts par litre en Thaïlande. Pénuries et files d'attente sont de plus en plus fréquentes dans les stations services.

«Je tiens à présenter mes excuses à la population pour les perturbations causées par la gestion des prix du carburant pendant la première moitié du mois de mars», a déclaré Anutin.

«Nous pensions au début que le conflit serait de courte durée. Il est désormais clair que la situation a changé et qu'elle est susceptible de se prolonger», a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre, récemment réélu, a appelé les Thaïlandais à ne pas paniquer, affirmant que le pays de 65 millions d'habitants disposait de réserves de carburant suffisantes.

Un navire marchand thaïlandais, le Mayuree Naree, avait été attaqué par l'Iran le 11 mars alors qu'il naviguait dans le détroit d'Ormuz. Trois de ses marins sont toujours portés disparus.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé vendredi avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à «l'ennemi».

Le trafic dans le détroit d'Ormuz a chuté de 95% par rapport à la normale entre le 1er et le 26 mars, selon la plateforme de suivi maritime Kpler.

Depuis le début du mois, 24 navires commerciaux, dont 11 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents dans la région, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
 

AFP

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