Frappes au Liban: Israël intensifie ses opérations et durcit le ton
Frappe israélienne a Saksakiyé, dans le caza de Saïda, le 27 mars 2026. ©Réseaux sociaux

Frappes aériennes, combats au sol et découvertes d’infrastructures militaires attribuées au Hezbollah: l’armée israélienne accentue sa pression au Liban, tout en multipliant les mises en garde contre l’absence de désarmement. Sur le terrain, le bilan humain s’alourdit et les déplacements de population s’intensifient, tandis que l’ONU alerte sur un risque réel de catastrophe humanitaire.

Le ministère libanais de la Santé a annoncé vendredi son rapport actualisé: le bilan total depuis le 2 mars s’élève à 1.142 morts et 3.315 blessés.

Intensification des frappes aériennes

Sur le terrain, les frappes israéliennes se sont multipliées, dans la journée de vendredi, dans plusieurs régions du pays.

Au Liban-Sud, des raids ont visé Saksakiyé, Rachaf, Beit Lif, Mayfadoun, Nabatiyé. Dans le caza de Saïda, Saksakiyé et Sarafand ont été ciblées à deux reprises chacune. Le ministère de la Santé a rapporté 4 morts et 8 blessés à Saksakiyé dans un bilan préliminaire. À Zawtar, où une habitation a été détruite par un raid, deux morts ont été signalés.
Une frappe a également visé Sajed, localité ayant fait l’objet d’un appel à évacuation plus tôt dans la journée.

Dans la Békaa, une frappe aérienne israélienne a ciblé une habitation à Bazaliyé, coupant la route internationale Baalbeck-Homs. Selon un bilan préliminaire, une femme enceinte a été tuée et sept autres blessées.

Par ailleurs, l’aviation israélienne a franchi le mur du son au-dessus de la Békaa-Ouest, provoquant de fortes détonations.

Une crise humanitaire «extrêmement préoccupante»

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a mis en garde contre un risque «réel» de «catastrophe humanitaire» au Liban, alors que plus d’un million de personnes sont désormais déplacées.

«Nous constatons ici, sur le terrain au Liban, une crise humanitaire qui s'aggrave de façon alarmante», a déclaré la représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing, lors d’un point presse en visioconférence depuis Genève.
«La situation demeure extrêmement préoccupante et le risque de catastrophe humanitaire (…) est bien réel», a-t-elle ajouté.

 

Combats au sol et affrontements directs

Dans un autre communiqué, l’armée israélienne a indiqué que des unités de la brigade 401 avaient engagé des combats au sud du Liban.

Selon l’armée, un combattant du Hezbollah aurait été tué après avoir ouvert le feu en sortant d’un tunnel souterrain. Les forces israéliennes ont riposté «rapidement» et procédé à sa neutralisation, sans pertes dans leurs rangs.

Des opérations de ratissage menées avec l’unité spécialisée «Yahalom» ont permis de localiser l’entrée du tunnel et de saisir du matériel militaire, notamment des armes, des lance-roquettes RPG, des cartes et des équipements destinés à un usage prolongé sur le terrain.

 

L’armée israélienne dévoile un réseau de tunnels du Hezbollah

L’armée israélienne a annoncé avoir découvert un site de combat souterrain du Hezbollah à proximité d’une église dans la localité de Khiam, au sud du Liban.

Selon un communiqué militaire, des forces de la brigade Givati, opérant sous le commandement de la 91e division, ont identifié une infrastructure souterraine active, comprenant une entrée de tunnel et un réseau creusé aux abords de l’édifice religieux.

Ce site, utilisé selon l’armée pour des «activités terroristes», avait déjà été repéré en décembre 2024 et neutralisé. Toutefois, trois nouvelles entrées auraient été creusées durant la période de cessez-le-feu, indiquant une réactivation du dispositif.

L’armée israélienne accuse le Hezbollah d’utiliser des zones civiles, y compris des infrastructures religieuses, à des fins militaires, dénonçant une «violation du droit international».

Découverte d’armes dans une école à Khiam

L’armée israélienne a également annoncé la découverte de «centaines de moyens de combat» dans une école de la localité de Khiam, au sud du Liban, à l’issue d’une opération conjointe menée par des commandos navals et des unités de la brigade Givati.

Selon le communiqué, les forces ont saisi notamment des missiles antichars, des obus de mortier, des grenades, des lanceurs, des armes légères, des mines et des explosifs. L’armée affirme en outre avoir trouvé des éléments portant des marquages du HCR. Elle accuse le Hezbollah d’utiliser des infrastructures civiles à des fins militaires, dénonçant une mise en danger délibérée des populations.

 

Pression israélienne sur le désarmement du Hezbollah

Le porte-parole de l’armée israélienne, Effie Defrin, a affirmé que le Hezbollah «continue d’opérer et de mener des attaques depuis le sud du Liban», accusant les autorités libanaises de ne pas avoir respecté leurs engagements en matière de désarmement. «Si le gouvernement libanais ne désarme pas le Hezbollah, l’armée israélienne le fera», a-t-il averti, laissant planer la menace d’une intensification des opérations militaires.

Une présence diplomatique et religieuse sur le terrain

Dans ce contexte tendu, le nonce apostolique au Liban, Paolo Borgia, s’est rendu dans plusieurs villages chrétiens frontaliers, notamment à Kawkaba, Marjeyoun et Qlayaa.

«Nous devons être présents, solidaires et partager les joies comme les souffrances partout où cela est nécessaire», a-t-il déclaré lors de cette tournée.

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