Boycotté par le tandem chiite, le gouvernement décide de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU face aux attaques d'Israël
Information Minister Paul Morcos says the 2026 Budget law draft will be completed Thursday or Friday after cabinet had convened to review it. ©Al-Markazia

La réunion du cabinet ministériel s’est achevée jeudi sur fond de tensions politiques, marquée par le boycott des ministres chiites du Hezbollah et de son allié Amal, en protestation contre la décision d’expulser l’ambassadeur d’Iran.

Les deux ministres du Hezbollah et les deux représentants d’Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berry, ont refusé de participer à la séance. Un cinquième ministre chiite, Fadi Makki, qui n’est pas affilié au tandem, a en revanche pris part à la réunion.

Dans un communiqué, Fadi Makki a précisé: «J'ai assisté à la séance du Conseil des ministres malgré mon opposition à la décision du ministère des Affaires étrangères, convaincu de la nécessité d'assurer la continuité du travail public et de renforcer la présence de l'État face à l'agression israélienne».

À l’issue du Conseil, le ministre de l’Information Paul Morcos a indiqué que les autorités avaient transmis à la coordinatrice des Nations unies, Jeanine Hennis-Plasschaert, une liste des attaques israéliennes visant des journalistes et des secouristes, appelant à leur protection.

Il a également dénoncé des menaces répétées de responsables israéliens, affirmant qu’Israël envisagerait d’occuper la zone au sud du Litani, voire de l’annexer. Le Premier ministre Nawaf Salam a demandé au ministre des Affaires étrangères de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU sur ce point.

Cité par le ministre de l’Information, Nawaf Salam a par ailleurs regretté la découverte d’une cellule liée au Hezbollah au Koweït, soulignant que «ce qui nuit au Koweït nuit au Liban». Il a insisté sur le fait que la guerre en cours avait été «imposée» au Liban, estimant qu’il s’agissait d’un conflit «mené par d’autres sur notre sol».

La réunion n’a toutefois pas abordé la question de l’expulsion de l’ambassadeur iranien, décidée par le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi, en coordination avec le chef de l’État Joseph Aoun et le Premier ministre, pour «ingérence» dans les affaires intérieures.

Cette décision a suscité la colère du Hezbollah et d’Amal, qui ont appelé l’ambassadeur à rester en poste. Devant l’ambassade d’Iran, à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, des dizaines de partisans ont manifesté, brandissant des drapeaux iraniens et scandant des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.

La séance gouvernementale, convoquée au Grand Sérail, était consacrée à l’examen de la situation sécuritaire et sociale dans le pays, notamment dans le contexte de l’escalade militaire avec Israël et de la crise des déplacés.

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