Le moindre progrès vaut mieux que l’impasse actuelle
©Ici Beyrouth

Le citoyen libanais aurait tort de nourrir des attentes excessives à l’égard des négociations prévues en fin de semaine. Rien ne laisse présager une percée spectaculaire ni un tournant historique pour le Liban. La réalité est plus complexe: sur le terrain, la situation dans le Sud continue de peser lourdement sur les autorités libanaises, tandis que les développements liés au dossier iranien n’évoluent pas encore dans un sens favorable.

Dans ce contexte, la troisième séquence de négociations ne devrait pas bouleverser les équilibres actuels. Elle aura néanmoins le mérite d’éviter le pire, soit l’enlisement total ou un déblocage minimaliste.

Les discussions entre Washington et Téhéran continuent, en arrière-plan, de structurer les rapports de force régionaux. Le Hezbollah demeure au cœur de cette équation, en tant que principal levier militaire de l’Iran dans sa confrontation avec les États-Unis et Israël. Parallèlement, des échanges menés à plusieurs niveaux avec la partie israélienne visent à arracher un compromis qui éviterait un affaiblissement supplémentaire de l’État libanais, notamment à travers une cessation des frappes sur Beyrouth, sans pour autant interrompre la dynamique militaire au Sud.

Dans les grandes lignes, la position libanaise reste inchangée. Beyrouth considère que le cessez-le-feu et le retrait israélien constituent des préalables indispensables avant toute discussion plus large, appelée ensuite à se prolonger sur des dossiers plus approfondis.

La partie libanaise tente également de préserver ce qu’il reste d’autorité et de crédibilité étatiques en obtenant, même modestement, quelques avancées graduelles. Il s’agit de prouver que ces négociations ne relèvent pas d’une démarche vide de sens, comme l’affirment leurs détracteurs, mais qu’elles peuvent au contraire constituer une étape vers la réaffirmation de la souveraineté de l’État et la préservation de la dignité des populations du Sud.

Tous ces paramètres accompagnent la délégation libanaise à la table des discussions jeudi, tout autant qu’ils façonnent l’approche israélienne. Les deux camps savent que ce processus s’inscrit, à terme, dans une logique de sortie de conflit. Cependant, chacun envisage cette issue selon une lecture radicalement différente.

Israël cherche à imposer la paix par le rapport de force. Le Liban, lui, tente de s’extraire de cette logique pour parvenir à une stabilité durable sans provoquer d’embrasement intérieur. Toute la question est désormais de savoir laquelle de ces deux visions finira par peser sur l’issue des négociations, à moins qu’elles ne convergent, finalement, autour d’un terrain commun, lequel pourrait bien s’avérer décisif.

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