Ambassadeur iranien: Enfin!
©Ici Beyrouth

Il aura fallu plus d’un millier de morts, un million de déplacés, des villes rasées, une économie réduite en cendres et une guerre que personne n’avait demandée pour que le Liban trouve enfin le courage de dire deux mots simples : dehors, et vite.

L’ambassadeur de la République islamique d’Iran est désormais persona non grata. Il a jusqu’à dimanche pour plier bagage. Dimanche. Comme si l’on expulsait un locataire indélicat, en l’occurrence, le représentant officiel d’un État qui a utilisé le territoire libanais comme théâtre d’opérations sans daigner consulter un seul Libanais. 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les Gardiens de la Révolution n’ont jamais soutenu le Liban. Ils ont déclenché une guerre en son nom, sur son sol, avec son sang. La Force Al-Qods n’a pas besoin de demander la permission, elle loge sous fausse identité dans des hôtels et elle s’installe dans des appartements ordinaires parmi des familles ordinaires, elle circule dans les rues de Beyrouth, tranquillement. 

Et tout cela , il faut le dire avec la brutalité qu’impose la réalité, contre la volonté expresse de 90% de la population. Neuf Libanais sur dix ne voulaient pas cette guerre. Ils ne voulaient pas servir de bouclier humain à une doctrine exportée depuis Téhéran, ne voulaient pas que leurs enfants meurent pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. Mais personne ne leur avait posé la question. Dans la République islamique du Hezbollah, on ne pose pas ce genre de questions.

Alors oui,  enfin!

Enfin un État libanais, ou plutôt certains de ses représentants qui comprennent encore le sens du mot dignité, ose regarder en face ce que tout le monde savait et que personne n’osait nommer : l’Iran n’est pas un ami du Liban. L’Iran est l’actionnaire majoritaire d’une milice qui a fait une OPA sur la souveraineté nationale et hypothéqué le pays comme base arrière dans un conflit qui le dépasse infiniment.

Enfin un acte de dignité dans un pays qui en avait cruellement besoin.

Certes, il y a quelque chose d’amer dans ce enfin. Il arrive tard. Trop tard pour les morts et pour tous ceux qui ont tout perdu pendant que les « décideurs » attendaient, calculaient, hésitaient, temporisaient, comme si le Liban avait le luxe du temps.

Espérons que cet ambassadeur obtempère, ne profite pas de la frilosité de certains dirigeants et que cette décision sera appliquée sans provoquer des tensions supplémentaires avec la milice armée de ce « diplomate ». 

Dimanche, c’est le jour du Seigneur. On nous a enseigné que ses voies étalent impénétrables…au Liban, on n’est jamais à l’abri d’un miracle.

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