Pénurie de blé au Liban : la peur est là, les stocks aussi
©Ici Beyrouth

Face aux tensions régionales et aux perturbations du trafic maritime, les craintes d'une pénurie de blé ressurgissent au Liban. Retards d'approvisionnement, incertitudes logistiques : le spectre d'une rupture alimente les inquiétudes.

Pourtant, les indicateurs actuels se veulent rassurants. Au 17 mars, environ 40 000 tonnes de blé étaient disponibles dans les silos et entrepôts, avec des niveaux de stocks variables selon les minoteries. Un système de solidarité s'est d'ailleurs mis en place : les unités les mieux approvisionnées compensent les déficits des autres, garantissant la continuité de la production sur l'ensemble du territoire.

Signe supplémentaire d'un approvisionnement maintenu, plusieurs cargaisons viennent renforcer les réserves. Un navire transportant près de 27 000 tonnes, ainsi que deux autres chargés de 6 000 et 8 000 tonnes, ont accosté au port de Beyrouth cette semaine.

Résultat : les stocks devraient atteindre entre 50 000 et 60 000 tonnes, soit de quoi couvrir au moins deux mois de consommation, un niveau suffisant pour assurer la continuité de l'approvisionnement.

Sur le terrain, même dans les zones exposées aux bombardements, les minoteries poursuivent leurs activités. Certaines fonctionnent à horaires réduits lorsque la situation l'exige, sans impact notable sur la disponibilité de la farine, les éventuels manques étant rapidement compensés ailleurs.

En réalité, le principal risque ne réside pas dans l'approvisionnement, mais dans les prix. Le Liban reste exposé aux fluctuations des marchés internationaux : la récente hausse des cours du blé, alimentée par celle du pétrole, se répercute directement sur la facture.

Quant aux craintes liées au détroit d'Ormuz, elles apparaissent limitées. L'essentiel des importations de blé provient de la région de la mer Noire, ce qui réduit l'exposition du pays à d'éventuelles perturbations sur cet axe stratégique.

Conclusion : pas de pénurie en vue, mais une pression persistante sur les prix — une équation familière pour une économie déjà fragilisée.

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