Liban : 7 % de récession, le prix d'une guerre qui ne lui appartient pas
©Ici Beyrouth

Le produit intérieur brut (PIB) du Liban pourrait chuter de plus de 7 % si l'escalade militaire dans la région devait s'intensifier et s'inscrire dans la durée. C'est l'avertissement lancé par l'Institute of International Finance (IIF) dans son dernier rapport consacré aux répercussions économiques du conflit.

Selon l'institution, une confrontation limitée provoquerait déjà une contraction de 3 à 4 % de l'activité économique. Mais si les escarmouches s'étendent, se multiplient et perturbent durablement le pays, la récession pourrait franchir le seuil des 7 %, un choc supplémentaire pour une économie déjà exsangue.

Une économie déjà fragile face au risque d'escalade

L'IIF estime que le Liban est désormais passé d'une phase de grande fragilité à une exposition directe au conflit. Les frappes israéliennes ciblées à Beyrouth contre des responsables de premier plan du Hezbollah — y compris des élus — marquent une escalade majeure, effaçant la frontière entre confrontation militaire et déstabilisation politique.

Si ces opérations devaient se poursuivre, notamment dans des zones urbaines densément peuplées, le risque de dommages collatéraux sur les infrastructures civiles et économiques augmenterait fortement.

Tourisme, transferts et monnaie sous pression

Même un scénario de tensions militaires limitées aurait des répercussions immédiates sur l'économie : recul du tourisme, perturbations du trafic aérien et maritime, ralentissement des transferts de la diaspora. À cela s'ajouteraient de nouvelles pressions sur le taux de change et l'inflation, alimentées par la hausse des coûts d'importation du carburant. La confiance des investisseurs et des expatriés, déjà fragile, pourrait alors se détériorer davantage.

Des infrastructures exposées en cas d'extension du conflit

Dans un scénario d'escalade plus large, les opérations militaires pourraient s'étendre à l'ensemble du territoire libanais, provoquant des dégâts importants sur les infrastructures, les réseaux de transport, les installations énergétiques et les zones commerciales. La contraction de l'activité dépasserait alors les 7 %, selon la durée et l'intensité des combats.

Le risque de nouvelles turbulences financières

Au-delà de l'économie, l'impact serait aussi politique. Une escalade prolongée renforcerait le discours sécuritaire du Hezbollah sur la scène intérieure, tout en accentuant la polarisation et en fragilisant davantage des institutions étatiques déjà éprouvées. Dans un tel contexte, le Liban pourrait faire face à de fortes turbulences financières, marquées par une instabilité monétaire accrue et un risque de fragmentation politique encore plus prononcé.

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