Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales
Tensions au Moyen-Orient : pétrole en forte hausse, gaz sous pression et marchés prudents face au risque d’inflation et d’escalade du conflit. ©Ici Beyrouth

Voici les dernières évolutions économiques mondiales samedi, au 15ᵉ jour de la guerre au Moyen-Orient:

Menaces sur les infrastructures pétrolières

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi soir que les États-Unis avaient «complètement détruit» des cibles militaires sur l'île de Kharg, principal terminal pétrolier de l'Iran. Il a prévenu qu'il détruirait aussi les infrastructures pétrolières de l'île «si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz».

«Toutes les installations pétrolières, économiques et énergétiques appartenant à des compagnies pétrolières de la région en partie détenues par les États-Unis ou qui coopèrent avec les États-Unis seront immédiatement détruites et réduites en cendres», a menacé en retour le porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution iraniens.

Promesses américaines à l'Asie

Les États-Unis peuvent garantir à l'Asie-Pacifique fragilisée par sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient, des approvisionnements énergétiques «fiables» et ne risquant pas d'être interrompus «par un régime terroriste», a assuré samedi le ministre américain à l'Intérieur Doug Burgum, lors d'un forum réunissant à Tokyo 17 pays de la région.

Le Brent se maintient au-dessus de 100 dollars

Le prix du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a terminé vendredi pour la deuxième séance d'affilée au-delà de 100 dollars.

Depuis le premier jour de guerre au Moyen-Orient, son cours s'est envolé de plus de 42%, passant de 72,48 dollars le 27 février - quelques heures avant les premières frappes américano-israéliennes en Iran - à 103,14 dollars vendredi à la clôture.

Son équivalent américain, le baril de WTI, s'est envolé de plus de 47% depuis le début du conflit, à 98,71 dollars.

Donald Trump a déclaré vendredi soir que la marine américaine allait commencer «très bientôt» à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz. 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce passage stratégique, pour le moment bloqué par l'Iran.

Inquiétudes sur le gaz

La question des prix du gaz inquiète davantage certains industriels que les cours du pétrole qui flambent, mais «pour le moment, ça tient» même si ça ne pourra pas durer éternellement, a déclaré vendredi le ministre français délégué à l'Industrie Sébastien Martin sur BFMTV.

Le prix du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a été propulsé par le conflit, atteignant un pic à 69,50 euros lundi, un plus haut depuis janvier 2023.

Pas de panique boursière pour le moment

Les Bourses mondiales ont terminé en baisse vendredi, plombées par la crainte d'une accélération de l'inflation, sans toutefois céder à la panique face à la flambée des prix du pétrole.

À New York, le Dow Jones a cédé 0,26%, le Nasdaq a reculé de 0,93% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,61%.

Les indices américains ont connu un recul modéré depuis le début du mois: d'environ 3,6% pour le S&P 500 et 4,9% pour le Dow Jones, au plus bas depuis novembre.

Même dynamique en Europe: Paris a perdu 0,91%, Londres 0,43%, Milan 0,31% et Francfort a cédé 0,60%. Soit entre -5% et -7% depuis le début de la guerre.

La situation sur les marchés n'est «pas si catastrophique» mais «peut dégénérer à tout moment», estime Andrea Tueni, responsable des activités marché de Saxo Bank.

Le dollar au plus haut depuis août

Le dollar poursuit à l'inverse sa progression vendredi, porté comme depuis bientôt deux semaines par la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole.

«L'aversion au risque reste le principal facteur déterminant de l'évolution des marchés à l'approche du week-end», soulignent les analystes de Scotiabank.

Dans ces conditions, la devise américaine profite à plein régime de son statut de valeur refuge: vendredi, le billet vert a pris 0,83% face à la monnaie unique européenne, à 1,1417 dollar pour un euro, un niveau plus vu depuis le mois d'août.

Il s'est aussi renforcé de 0,87% vis-à-vis de la livre sterling, à 1,3230 dollar.

Les taux obligataires grimpent

Le taux d'emprunt allemand à 10 ans, référence européenne, a atteint 2,98%, contre 2,95% la veille en clôture, son plus haut depuis fin 2023.

Son équivalent français était de 3,67%, son niveau le plus haut depuis 2011. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.

Dans ce contexte, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) sera particulièrement scrutée par les investisseurs jeudi prochain, tout comme celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) la veille.

L'or s'érode

Le cours de l'or a continué de s'éroder cette semaine, les investisseurs lui préférant le dollar comme valeur refuge.

Depuis le début de la guerre il y a près de deux semaines, l'or a perdu près de 4,4% de sa valeur. L'argent, aussi traditionnellement considéré comme une couverture contre le risque, a chuté d'environ 15%.

Vendredi, l'once d'or (31,1 g) évoluait à 5.018,67 dollars, contre 5.171,74 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

AFP

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