WASL: Riyadi plie Gorgan et avance
Maurice Kemp, de retour aux affaires, encadré par deux défenseurs de Gorgan : 25 points et un money time qui pèse lourd dans la course au top seed. ©© fiba-basketball

Riyadi a signé un deuxième succès en phase de groupes contre Shahrdari Gorgan (95-89), mercredi, en FIBA WASL – West Asia. Portés par le retour de Maurice Kemp (25 pts) et un money time mieux maîtrisé, les champions en titre bouclent leurs préliminaires sur un bilan de 6-2 et se rapprochent de la première place avant les demi-finales de mars.

Dans cette FIBA WASL – West Asia, la moindre possession pèse lourd : une ligue sub-zone au parfum de playoffs, où le classement se joue souvent sur un run, un stop, une séquence de lucidité. Et mercredi, Riyadi a rappelé pourquoi il avance avec l’étiquette de patron. Face à Shahrdari Gorgan, les Jaunes ont remis ça, encore, pour compléter le sweep en phase de groupes : victoire 95-89, et une impression nette — celle d’une équipe qui sait exactement quand accélérer.

Deux mots sur la WASL, et le parcours de Riyadi

La WASL, c’est la route la plus directe vers le gratin continental : rythme élevé, voyages, styles qui s’entrechoquent, et des soirées où la marge d’erreur se rétrécit comme un parquet en fin de match. Riyadi, jusque-là, a tenu son rang. Bilan final des préliminaires : 6 victoires – 2 défaites. Et, avec ce succès, un objectif très concret se dessine : terminer n°1 pour aborder les demi-finales (en mars) avec l’avantage du terrain.

Sur le papier, le calcul est simple : pour verrouiller officiellement la première place, Riyadi a besoin d’un faux pas d’Astana contre Al Wahda. Sur le parquet, en revanche, le message est plus fort : le champion sait gagner “moche”, mais il préfère gagner “propre”. Et cette fois, la finition a été à la hauteur.

Kemp de retour, Riyadi plus constant

Le symbole de la soirée porte un nom : Maurice Kemp. Absent lors de la dernière sortie face à Astana, l’intérieur a signé un retour qui fait du bruit : 25 points, 9 rebonds, 3 passes, 3 interceptions, zéro ballon perdu. Un match plein, utile, et surtout décisif au moment où les jambes brûlent.

Autour de lui, Perin Buford (21 pts) a remis de l’essence dans les temps faibles, Nuni Omot (15 pts) a apporté sa polyvalence, Hayk Gyokchyan (12 pts) a joué les équilibristes, et Ali Mansour a noirci la feuille (11 pts, 4 rbds, 7 ast) avec ce qu’on attend d’un meneur quand l’air se raréfie : du contrôle, puis le coup de poignard au bon moment.

Le money time : cette fois, le verrou n’a pas sauté

Le match a longtemps eu des airs de bras de fer, mais tout s’est cristallisé dans le dernier quart. D’abord, Mansour lance la bascule avec son seul tir à trois points de la soirée pour passer devant (75-72). Puis Riyadi étire : Saoud, Buford, Kemp… et voilà le score qui s’ouvre (83-76 à 5:10 de la fin).

Gorgan, accrocheur, reviendra à une possession — deux fois — à l’entrée des trois dernières minutes. Sauf qu’au lieu de trembler, Riyadi a répondu comme une équipe en mission : deux paniers de suite de Buford pour calmer l’incendie (91-85), puis le dagger signé Mansour, ce pull-up qui coupe les jambes (93-86 à 47 secondes). Rideau.

Et dans ce genre de séquence, ce n’est pas qu’une victoire : c’est une signature. Celle d’un collectif qui ne cherche pas seulement à gagner, mais à imposer une hiérarchie.

Farran vise le seed… et le full house

Dans les coulisses, l’enjeu n’a rien d’un détail. La première place, c’est la promesse d’une dynamique — et d’une salle qui peut devenir une arme.

« C’est très important », a glissé l’entraîneur Ahmad Farran, en parlant de la bataille pour le top seed. « Quand vous avez une équipe comme Riyadi et derrière nous une grande fanbase, notre objectif est toujours de sécuriser l’avantage du terrain. »

Et Farran d’appuyer là où ça fait mal pour l’adversaire : « Ce sera très difficile pour n’importe qui de venir nous battre chez nous, à guichets fermés. Et je peux vous l’assurer : ce sera plein, quel que soit l’adversaire. »

Même Hamilton à 40 points n’a pas suffi

Côté iranien, Jordan Hamilton a pourtant sorti la soirée XXL : 40 points (16/25 au tir, 5/11 à trois points) et 8 rebonds. Perry Petty a suivi (19 pts, 9 rbds, 6 ast), Meisam Mirzaei a contribué (11 pts, 7 rbds). Mais le bilan reste cruel : Gorgan encaisse une quatrième défaite de suite, une série qui a justement commencé… contre Riyadi.

Au final, Riyadi n’a pas seulement répété : il a corrigé la fin de phrase. Là où le match de Téhéran s’était joué sur un sauvetage, celui-ci s’est gagné sur une certitude. Et quand Riyadi verrouille le money time, la WASL comprend vite la règle : pour rêver du trône, il faudra d’abord survivre à Beyrouth.

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