Giflé à Astana, bousculé à Ghazir par La Sagesse, le champion de West Asia avait l’image écornée. De retour à domicile, Riyadi a répondu comme savent le faire les grandes équipes : en marchant littéralement sur BC Astana (106-57), pour reprendre la tête de la WASL – West Asia League et rappeler à tout le monde qui tient encore le sceptre en Asie de l’Ouest.
Cette saison encore, le Liban avance en première ligne en WASL : Riyadi en patron installé, La Sagesse en challenger revenu de loin. Entre le Yellow Castle, triple champion de West Asia, et le Green Castle qui a rallumé la guerre des châteaux, le basket libanais donne le ton d’une compétition devenue la vitrine de la région.
Le parcours de Riyadi dans cette édition a pourtant connu des accrocs inhabituels : série historique brisée à Astana, derby perdu à Ghazir face à La Sagesse, image de machine invincible sérieusement secouée. Puis est venue la réaction à Téhéran, avec un succès énorme sur Gorgan, et enfin cette affiche retour contre Astana à Nouhad Nawfal, avec en toile de fond un sentiment assumé de revanche.
Face à des Kazakhs qui restaient sur cinq victoires de rang et venaient de faire tomber La Sagesse à Ghazir, le champion en titre n’avait pas seulement un match à gagner : il avait un statut à réaffirmer.
Une vengeance froide
Dès l’entre-deux, on comprend que Riyadi ne va pas négocier. Le premier quart est un manifeste : agressivité défensive, transitions éclairs, adresse extérieure au rendez-vous. Le tableau d’affichage grimpe, Astana recule. 33-19 après dix minutes : le ton est donné, la punition ne fait que commencer.
Comme si la défaite du match aller avait été cochée au marqueur rouge dans le vestiaire, le Yellow Castle déroule. Dans le deuxième quart, l’écart explose, la barre des 20 puis des 30 points est franchie avant la pause. 67-32 à la mi-temps : on n’est plus dans la réaction, on est dans la démonstration pure et dure.
À la fin, la feuille est violente : 106-57. Quarante-neuf points d’écart au niveau WASL, face à une équipe qui venait d’enchaîner cinq succès – dont un braquage à Ghazir –, c’est plus qu’une simple “réponse”. C’est un rappel à l’ordre adressé à toute la conférence. Les deux équipes affichent désormais le même bilan (5-2), mais le message est clair : le numéro 1, sportivement et symboliquement, reste Riyadi.
Omot, Buford, Gyokchyan : la tornade jaune
La manière, surtout, dit tout. Riyadi ne gagne pas parce qu’Astana passe au travers : Riyadi gagne parce que ses leaders décident de marcher sur le match.
En tête d’affiche, Nuni Omot s’offre un récital : 26 points, 5 rebonds, des pénétrations tranchantes et une agressivité permanente. À ses côtés, Perrin Buford signe un quasi triple-double (22 points, 8 rebonds, 8 passes), véritable chef d’orchestre des deux côtés du terrain. Hayk Gyokchyan complète le trio infernal avec un solide double-double (20 points, 10 rebonds).
C’est ce trio qui met Astana au supplice d’entrée, en combinant 25 points dans le premier quart pour lancer le 33-19 initial, puis en poursuivant l’œuvre jusqu’à la mi-temps : déjà en double figure avant le retour aux vestiaires, avec un Omot à 21 unités, un Gyokchyan à 16 et un Buford à 15.
Derrière eux, la vieille garde répond présente : Ismail Ahmad, éternel, ajoute 12 points et 11 rebonds, Amir Saoud aligne 11 points et 5 passes. Tout le monde est branché sur le même voltage. L’équipe shoote à plus de 50 %, distribue 22 passes pour seulement 5 balles perdues : des chiffres de patron, dans un match à enjeu direct pour la première place.
Le tout, alors que Karim Zeinoun et Maurice Kemp sont toujours à l’infirmerie. Autrement dit : cette version de Riyadi n’est même pas au complet.
Arakji en tribunes
Sur le banc, Ahmad Farran ne cherche pas à réécrire l’histoire : il reconnaît que le match aller à Astana a été “le pire de la saison”, entre voyage interminable et différence de climat. Il sait aussi que ce sont des excuses, et que son équipe n’avait tout simplement pas joué à son niveau ce soir-là.
Cette fois, le discours est différent : “Nous savions que nous allions gagner, nous connaissons Astana, c’est la troisième fois que nous les jouons. Nous avons le dessus dans ce groupe, et ce soir nous avons agi comme tels.” La phrase résume parfaitement la soirée : Riyadi a joué comme une équipe qui assume sa supériorité et qui refuse qu’on en doute trop longtemps.
Dans les tribunes, un invité de marque suit le carnage de près : Wael Arakji, actuellement sous les couleurs d’Al Ula en WASL-Gulf, mais toujours considéré en interne comme “le personnage principal” de Riyadi, selon les mots même de Farran. Clin d’œil lourd de sens : même lorsqu’il n’est pas sur le parquet, Arakji reste une partie de l’ADN du club. Et l’entraîneur ne cache pas son espoir de le voir revenir très vite dans le giron jaune.
Avant Gorgan, un rappel musclé de qui est le patron
Pour Astana, la note est sévère : Pan (15 points) et Maydekin (11) font ce qu’ils peuvent, mais l’équipe ne retrouve ni l’insolence, ni l’adresse lointaine qui avaient fait tomber La Sagesse à Ghazir. Pour Riyadi, en revanche, ce match coche toutes les cases : revanche prise, classement rectifié, confiance regonflée avant un nouveau choc.
Car la suite arrive vite : un rendez-vous à ne surtout pas rater face à Shahrdari Gorgan, dans la même salle, pour sécuriser définitivement la première place avant les demi-finales. Là encore, on parlera de hiérarchie, de statut, de bras de fer pour la couronne de West Asia.
Une chose est sûre : avec un tel 106-57 envoyé à Astana, Riyadi a rappelé à toute la WASL que, malgré les coups reçus en cours de route, le centre de gravité de la West Asia League reste toujours, et plus que jamais, du côté du Yellow Castle.




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