Agriculture au Liban: 704 millions de dollars de pertes recensées
Le ministère de l’Agriculture alerte sur 704 millions de dollars de pertes dans le secteur agricole. ©Ministère de l'Agriculture

Le ministère de l’Agriculture a indiqué, dans un communiqué publié jeudi, le rapport d’évaluation des dommages et pertes dans le secteur agricole libanais, élaboré en collaboration avec la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et le Conseil national de la recherche scientifique. Ce document détaille les impacts du conflit durant la période s’étendant du 8 octobre 2023 au 27 novembre 2024.

Selon le ministère, le rapport constitue une référence scientifique et technique essentielle pour mesurer l’ampleur de la crise dans le secteur agricole. Les pertes totales sont estimées à 704 millions de dollars, dont 118 millions de dollars de dommages directs aux infrastructures et aux biens agricoles, et 586 millions de dollars de pertes indirectes liées à la baisse de la production et des revenus agricoles. Les régions les plus touchées sont le sud du Liban et la Békaa.

Le rapport indique que le secteur végétal est le plus affecté, avec des pertes proches de 582 millions de dollars. L’oléiculture arrive en tête avec plus de 236 millions de dollars de pertes et environ 814 hectares de terres cultivées détruites, suivie par les agrumes avec des pertes de 97 millions de dollars et un recul de la production de tabac.

Le secteur de l’élevage a subi des dommages directs de 48 millions de dollars et des pertes de production d’environ 41 millions de dollars. Le secteur forestier a été touché sur près de 4 946 hectares, entraînant des pertes supérieures à 25 millions de dollars. Enfin, la pêche maritime et l’aquaculture ont enregistré plus de 6 millions de dollars de pertes, avec 837 bateaux endommagés et un recul de la production, impactant directement les moyens de subsistance des pêcheurs et des communautés côtières.

Le rapport estime les besoins de reconstruction et de relèvement du secteur agricole à 263 millions de dollars. Parmi eux, 32 millions sont jugés urgents pour relancer la production agricole, animale et halieutique (relatif à la pêche et l’aquaculture, ndlr), et 135 millions sont nécessaires pour réhabiliter les infrastructures, remplacer les arbres fruitiers et reconstituer le cheptel, tout en soutenant les chaînes de production et la gestion des ressources naturelles.

Le ministère a souligné que ce rappel vise à maintenir le rapport au cœur des priorités nationales et internationales, précisant que le suivi ne s’est pas limité à l’évaluation, mais se poursuit quotidiennement, en coordination avec les partenaires locaux et internationaux, notamment la FAO, pour orienter les interventions là où les besoins sont les plus pressants.

Selon le texte du communiqué du ministère, le document a été transmis aux autorités compétentes et communiqué au ministère des Affaires étrangères pour être présenté devant le Conseil de sécurité de l’ONU, afin de sensibiliser la communauté internationale aux conséquences du conflit sur la sécurité alimentaire et les ressources naturelles au Liban, et de mobiliser l’aide nécessaire à la reconstruction.

Le ministère a réaffirmé que protéger le secteur agricole n’est plus un choix mais une priorité nationale urgente, compte tenu de son rôle central dans l’ancrage des communautés rurales, ainsi que dans la stabilité économique et alimentaire.

Le ministère de l’Agriculture et la FAO lancent un projet d’urgence pour lutter contre la fièvre aphteuse

Le ministère de l’Agriculture a aussi annoncé, jeudi, avoir signé un projet de soutien d’urgence en collaboration avec la FAO, visant à contenir la propagation de la fièvre aphteuse et à renforcer la préparation sanitaire et vétérinaire dans le pays.

Selon le texte du communiqué, cette initiative constitue une étape cruciale illustrant l’engagement du ministère à développer des partenariats internationaux pour répondre aux priorités nationales face aux menaces sanitaires pesant sur le secteur.

Dans le cadre de ce projet, la FAO apportera un soutien direct au gouvernement libanais, en mettant l’accent sur la deuxième phase de la campagne de vaccination d’urgence des bovins et des petits ruminants. Des programmes de sensibilisation et d’accompagnement technique seront également proposés aux éleveurs, parallèlement à la mise en place de procédures opérationnelles standard pour la surveillance et la réponse aux maladies, ainsi qu’à l’élaboration de rapports réguliers permettant un suivi précis et une prise de décision rapide.

La représentante de la FAO au Liban, Nura Ourabah Haddad, a précisé que le projet vise à renforcer les services vétérinaires et les laboratoires, tout en soutenant les éleveurs dans le diagnostic des maladies, la vaccination et la mise en œuvre des mesures de biosécurité. Elle a souligné que cette initiative contribuera à améliorer la capacité du gouvernement à répondre aux menaces actuelles et futures liées à la fièvre aphteuse.

Elle a ajouté que ce projet permettra de renforcer la durabilité du secteur de la production animale, de protéger les moyens de subsistance des communautés rurales et d’accroître la résilience globale du secteur face aux crises sanitaires.

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