Budget 2026: accord provisoire avec les militaires retraités
©Ici Beyrouth

Le Premier ministre, Nawaf Salam, a annoncé jeudi un engagement en faveur d’une «solution juste» pour les salaires des militaires en service et à la retraite avant la fin du mois de février, à l’issue d’une réunion tenue avec une délégation des manifestants, après une escalade des tensions devant le Parlement lors de la séance de débat du budget.

À l’issue de cette rencontre, le vice-président de la Chambre, Élias Bou Saab, a fait état d’une atmosphère «positive» et d’une promesse de justice et d’équité dans le traitement des différents secteurs. Le chef du gouvernement a en outre promis l’octroi à 100% des aides scolaires pour les années 2025-2026 ainsi que le maintien des indemnités familiales. Il s’est engagé, devant les participants, à entamer la correction des salaires avant la fin février, tout en soulignant qu’il ne souhaitait pas avancer de chiffres définitifs avant l’adoption formelle du budget.

Selon les représentants des militaires retraités, la discussion a porté sur une hausse de 50% des rémunérations à partir de fin février, suivie d’augmentations supplémentaires de 10% tous les six mois jusqu’en 2028 afin de revenir progressivement au niveau antérieur à la crise. Ils ont toutefois prévenu qu’en cas de non-respect de cet engagement à l’échéance fixée, la mobilisation pourrait reprendre dans la rue.

Ces annonces ont contribué à faire baisser la tension sur place et les militaires retraités ont commencé à se retirer progressivement des abords du Parlement, jeudi en soirée.

Escalade de tensions autour du Parlement

La séance parlementaire consacrée à la discussion puis au vote du budget 2026 s’est déroulée jeudi dans un climat de forte tension aux abords de la place de l’Étoile, où des centaines de militaires retraités, rejoints par des enseignants du secteur public ainsi que des fonctionnaires, ont manifesté pour réclamer une revalorisation immédiate de leurs salaires.

Alors que les députés poursuivaient l’examen du projet de loi de finances, des mouvements de foule ont permis à des groupes de manifestants de franchir le dispositif de sécurité et d’atteindre la place de l’Étoile, à proximité immédiate du Parlement. Cette percée, accompagnée de bousculades avec les forces de l’ordre, a poussé le président de la Chambre, Nabih Berry, à demander l’interruption de la retransmission télévisée en direct de la séance.

 
 

À l’intérieur de l’hémicycle, les débats ont été marqués par de vifs échanges, notamment lors de la réponse du ministre des Finances, Yassine Jaber, aux interventions des députés sur la question des rémunérations du secteur public et des retraités des institutions militaires et sécuritaires. À l’extérieur, la colère se traduisait par des rassemblements denses, des slogans revendicatifs et plusieurs incidents de cohue.

Ouverture d’un canal de négociation

Face à la montée de la tension, un canal de négociation s’est ouvert. Une délégation représentant les militaires en service et à la retraite a tenu une réunion prolongée avec les ministres de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, et de la Défense, Michel Menassa. Le Premier ministre, Nawaf Salam, les a aussi rejoints ultérieurement.

Blocages de routes en régions et incident

Parallèlement aux événements de Beyrouth, des actions de blocage de routes ont été menées dans plusieurs régions du pays, avec des pneus brûlés sur des axes majeurs notamment dans le Nord, la Békaa et le Liban-Sud, ainsi que sur l’autoroute de Zouk Mosbeh.

La journée a également été marquée par un incident impliquant une manifestante blessée au pied lors du passage du cortège d’un député dans la foule compacte. Celui-ci est descendu de son véhicule pour la transporter lui-même vers un hôpital proche.

Mobilisation des enseignants

Les enseignants du secteur public, également mobilisés, ont obtenu la promesse d’une poursuite des discussions après l’adoption du budget, un nouveau rendez-vous étant prévu dans les deux semaines.

Dans un communiqué, le syndicat des enseignants a dénoncé des «agressions» subies par certains professeurs lors de la manifestation et appelé à une enquête transparente sur d’éventuels abus, tout en réaffirmant le caractère pacifique de la mobilisation.

Dans ce cadre, les syndicats de l’enseignement public ont annoncé une grève prévue vendredi et samedi, en signe de protestation contre ces incidents.

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