Des pourparlers directs libano-israéliens envisagés dans les prochains jours
©Ici Beyrouth

Des représentants israéliens et libanais devraient tenir dans les prochains jours une série de discussions directes, selon deux sources citées par Haaretz. Ces échanges viseraient à explorer une solution diplomatique susceptible de mettre fin aux combats en cours entre Israël et le Hezbollah.

D’après l’une de ces sources, l’ancien ministre israélien Ron Dermer, chargé par le Premier ministre Benjamin Netanyahou du «dossier libanais», serait appelé à mener ces négociations avec des représentants libanais. Les États-Unis participeraient également à l’initiative, l’émissaire de Donald Trump, Jared Kushner, devant piloter l’effort diplomatique au nom de Washington.

Selon une seconde source citée par Haaretz, les discussions pourraient se tenir soit à Chypre, soit à Paris, l’option chypriote étant pour l’heure considérée comme la plus probable.

Le président français Emmanuel Macron s’est pour sa part déclaré prêt à faciliter ces discussions et à les accueillir à Paris. Dans un message publié en hébreu samedi, il a indiqué avoir évoqué ce dossier avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le chef du Parlement Nabih Berry.

Interrogée par Haaretz, la présidence chypriote a toutefois indiqué qu’«en cas de développements concrets, une annonce publique et transparente sera faite», ajoutant qu’«il n’y a pour l’instant rien à commenter».

Selon les évaluations rapportées par le quotidien israélien, les discussions devraient porter sur une solution diplomatique susceptible d’arrêter les combats tout en répondant à la demande d’Israël de voir le Hezbollah désarmé.

Dans le même temps, Israël n’exclut pas une escalade militaire. L’une des sources citées par Haaretz affirme que l’État hébreu «n’exclut pas» une opération terrestre de grande ampleur visant à s’emparer de territoires au Liban jusqu’au fleuve Litani, tandis qu’une seconde estime que les chances d’une telle opération sont «très élevées».

Les deux sources indiquent également que l’administration américaine a demandé à Israël d’éviter de frapper les infrastructures civiles. Toutefois, selon l’une d’elles, cette demande se serait quelque peu affaiblie après le bombardement du pont de Zrariyé, sur le fleuve Litani, que l’armée israélienne affirme avoir été utilisé par le Hezbollah.

Toujours selon ces informations, les «lignes rouges» fixées par Washington consisteraient essentiellement à éviter des frappes contre l’aéroport et le port de Beyrouth.

Si Israël lançait une offensive terrestre d’envergure, les chances de voir aboutir une initiative diplomatique seraient toutefois fortement réduites.

Lors d’une conférence de presse jeudi, Benjamin Netanyahou a déclaré que le gouvernement libanais devait «prendre son destin en main» et désarmer le Hezbollah. «Si vous ne le faites pas, nous le ferons», a-t-il averti, sans préciser explicitement s’il faisait référence à une opération terrestre de grande ampleur et à une éventuelle occupation de territoires.

Selon une source citée par Haaretz, le chef du gouvernement israélien aurait tenu un message similaire lors d’un échange avec Emmanuel Macron, tout en laissant la porte ouverte à une solution diplomatique avec Beyrouth.

Dans son message publié samedi sur X, le président français a également indiqué que les dirigeants libanais avaient exprimé leur disposition à engager des discussions directes avec Israël.

Emmanuel Macron a par ailleurs estimé que «toutes les composantes de l’État» libanais devraient être représentées lors de ces négociations. Selon lui, des représentants des communautés chrétienne, sunnite, chiite et druze devraient y participer, choisis respectivement par Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry.

Dans le même temps, le président français a appelé Israël à renoncer à une «opération terrestre de grande ampleur» et à mettre fin aux bombardements intensifs, alors que «des centaines de milliers de personnes ont déjà fui» les zones touchées.

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