L’économie libanaise amorce un redressement timide, après plusieurs années de crise profonde, mais la trajectoire reste étroite et semée d’embûches. Selon le rapport World Economic Situation and Prospects (WESP) 2026 des Nations Unies, le PIB s’est lourdement contracté de 7,1 % en 2024, avant d’enregistrer une croissance de 2,1 % en 2025. Cette dynamique devrait se renforcer, avec une expansion attendue de 3,8 % en 2026 puis de 4,3 % en 2027.
Ce regain d’activité est étroitement lié à la vague de réformes financières et économiques enclenchée à la suite de l’élection d’un nouveau président en janvier 2025, mettant un terme à une longue période de paralysie politique, souligne le rapport onusien.
Inflation à 8,6 % en 2026
Autre signal encourageant : la forte décrue de l’inflation, longtemps l’un des principaux fléaux de l’économie libanaise. Après avoir culminé à 45,2 % en 2024, elle serait retombée à 14,8 % en 2025, avant de poursuivre sa baisse à 8,6 % en 2026 et 4,2 % en 2027, traduisant une stabilisation progressive des prix et une amélioration graduelle du pouvoir d’achat.
La Banque mondiale (BM) adopte, pour sa part, un scénario légèrement plus optimiste à court terme. Si elle confirme la contraction de 7,1 % en 2024, elle table sur une croissance plus vigoureuse de 3,5 % en 2025 et de 4,0 % en 2026, à condition que la stabilité politique se maintienne et que les réformes se poursuivent. Ses projections d’inflation convergent largement avec celles de l’ONU, autour de 15,2 % en 2025 et 8,7 % en 2026.
Les deux institutions s’accordent toutefois sur un point essentiel : la reprise demeure fragile et conditionnelle. Réformes structurelles, consolidation budgétaire et stabilité du taux de change restent indispensables pour ancrer durablement la croissance. Tandis que l’ONU inscrit l’évolution du Liban dans un cadre économique régional et mondial plus large, la Banque mondiale met l’accent sur les fragilités internes — pauvreté persistante, vulnérabilité financière et pressions sociales —, rappelant que, malgré les signaux positifs, l’économie libanaise avance toujours sur un fil.
Asie occidentale : la reprise régionale dopée par le pétrole
Sur le plan régional, le rapport de l’ONU fait état d’une amélioration progressive des perspectives économiques en Asie occidentale, soutenue par des conditions externes et internes plus favorables. La croissance régionale est ainsi passée de 2,1 % en 2024 à 3,4 % en 2025, avec une accélération attendue à 4,1 % en 2026, avant un léger ralentissement à 4,0 % en 2027.
Le rebond observé en 2025 est attribué au démantèlement progressif des réductions volontaires de production de l’OPEP Plus, amorcé en avril 2025, qui a dopé la production pétrolière des économies riches en ressources. Dans ce contexte, la croissance du PIB des pays exportateurs de pétrole devrait passer de 3,4 % en 2025 à 4,2 % en 2026, avant de se modérer à 4,0 % en 2027. Les pays importateurs de pétrole, quant à eux, devraient afficher une croissance stable de 3,9 % en 2026 et 2027, contre 3,3 % en 2025.




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