Neuf morts dans des affrontements entre forces syriennes et kurdes à Alep
Un combattant anti-régime tient une arme sur un pick-up tandis que des Kurdes syriens déplacés conduisent des véhicules chargés de leurs biens sur l’autoroute Alep-Raqqa. © Rami al Sayed / AFP

Au moins neuf personnes, principalement des civils, ont été tuées mardi à Alep lors d’affrontements entre les troupes gouvernementales syriennes et les forces kurdes, dans l’une des flambées de violence les plus graves entre les deux camps depuis plusieurs mois.

La mise en œuvre de l’accord de mars visant à intégrer l’administration semi-autonome kurde et ses forces militaires au sein du nouveau gouvernement islamiste syrien est largement bloquée. Les tensions dégénèrent parfois en affrontements, notamment dans les quartiers à majorité kurde de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh.

Mardi matin, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et soutenues par les États-Unis, ont accusé des factions affiliées au gouvernement de cibler le quartier de Cheikh Maqsoud. En soirée, elles ont fait état de quatre civils tués, dont deux femmes et un enfant, victimes de «tirs d’artillerie et de missiles indiscriminés», incluant drones, snipers et armes lourdes.

Selon l’agence officielle SANA, les FDS ont également visé plusieurs quartiers adjacents à leurs zones de contrôle, faisant cinq morts – quatre civils, dont un enfant, et un membre du personnel du ministère de la Défense. Deux des victimes étaient des employés d’un centre de recherche. Le ministère de la Défense a accusé les FDS de «ne pas reconnaître l’accord du 10 mars et de chercher à le saboter».

En raison des violences, les vols vers et depuis l’aéroport d’Alep ont été suspendus 24 heures et déviés vers Damas. Le gouverneur a annoncé la fermeture des écoles, universités et bureaux gouvernementaux, ainsi que l’annulation des événements publics, citant les «tirs d’artillerie indiscriminés des FDS visant plusieurs hôpitaux et institutions».

Les FDS contrôlent de vastes zones du nord et du nord-est syrien, riches en pétrole, et avaient joué un rôle clé avec le soutien de la coalition internationale menée par les États-Unis dans la défaite territoriale de l’État islamique en 2019. L’accord de mars sur leur intégration devait initialement être appliqué d’ici fin 2025.

À Ankara, le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a appelé le PKK et tous les groupes affiliés, y compris en Syrie, à «cesser immédiatement toute activité terroriste et à déposer les armes sans condition». Les FDS, dominées par les unités kurdes YPG, sont considérées par Ankara comme une extension du PKK. La Turquie, alliée proche des nouvelles autorités syriennes, partage une frontière de 900 km avec la Syrie et a mené plusieurs offensives pour repousser les forces kurdes.

Mardi également, les FDS ont accusé des factions de l’armée syrienne d’attaquer la ville de Deir Hafer, à 50 km à l’est d’Alep, près du barrage stratégique de Tichrine, affirmant leur droit à «riposter légitimement». Dimanche, le chef des FDS, Mazloum Abdi, a poursuivi les discussions à Damas sur l’intégration des forces kurdes, sans résultat concret. Les Kurdes réclament une décentralisation, refusée par les nouvelles autorités islamistes syriennes.

Le mois dernier, des affrontements à Alep avaient déjà fait cinq morts, alors que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait exhorté les FDS à ne pas entraver la stabilité du pays.

AFP

 

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