Médiation américaine pour l'échange de prisonniers entre Damas et la minorité druze
Un combattant druze se tient à un rond-point décoré du drapeau druze et d’un portrait d’un dirigeant local dans la ville majoritairement druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, le 21 juillet 2025, après qu’un cessez-le-feu ait mis fin à une semaine de violences sectaires dans la province. ©Shadi Al-Dubaisi / AFP

Des négociations sous médiation américaine sont en cours entre un haut dirigeant druze et les autorités syriennes en vue d'un échange de prisonniers détenus depuis les affrontements de juillet dans la province à majorité druze de Soueïda, a déclaré une source proche du dossier.

En juillet, des affrontements avaient éclaté dans cette province, à l'extrême sud de la Syrie, entre des combattants druzes syriens et des tribus bédouines sunnites, aux côtés desquelles sont intervenues des forces loyales au président syrien Ahmad el‑Chareh.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les combats ont fait plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes «exécutés sommairement par des éléments des ministères de la Défense et de l'Intérieur».

«Des négociations sous médiation des États-Unis sont en cours entre cheikh Hikmat al-Hijri», l'un des principaux chefs spirituels druzes de Syrie «et le gouvernement de Damas sur (...) la question des détenus et des prisonniers», a déclaré à l'AFP une source druze qui a demandé l'anonymat.

Les pourparlers visent à "obtenir des autorités la libération de 61 civils de Soueïda, détenus (...) depuis les événements de juillet, en échange de 30 membres des ministères de l'Intérieur et de la Défense" détenus par la Garde nationale, opérant sous les ordres du cheikh al-Hijri.

Malgré un cessez-le-feu conclu en juillet, l'accès à la province de Soueïda reste difficile, même si plusieurs convois d'aide y sont entrés depuis.

Des habitants ont accusé le gouvernement syrien d'y imposer un blocus, ce que Damas dément.

Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle des troupes gouvernementales syriennes, alors que Damas consolide son autorité sur le pays morcelé par près de 14 ans de guerre civile.

Fin août, Hikmat al-Hijri avait réclamé la création d'une région «séparée» pour cette minorité arabophone, professant une foi issue d'un islam hétérodoxe, dans le sud de la Syrie, où il tente d'unifier les factions armées locales.

Israël, où vivent plus de 150.000 druzes, y compris ceux du Golan occupé, était intervenu pendant les affrontements à Soueïda en bombardant les forces gouvernementales syriennes au nom de la défense de cette communauté.

Depuis le renversement, en décembre 2024, du président syrien Bachar al‑Assad, Israël a déployé des troupes dans la zone tampon du Golan, placée sous contrôle de l'ONU et censée être démilitarisée, et a livré de l'aide aux druzes de Soueïda à au moins deux reprises.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire