
Un diplomate occidental a exprimé de vives inquiétudes concernant la situation au Liban, soulignant que les pressions internes et externes auxquelles fait face le mandat du président Joseph Aoun pourraient conduire à son échec, à moins que des résultats concrets ne soient obtenus au cours de la première année sur plusieurs fronts.
D'après cette même source, de grands espoirs avaient été placés dans l'élection de Joseph Aoun à la présidence de la République, ainsi que dans la nomination de Nawaf Salam au poste de Premier ministre et la mise en place rapide de son gouvernement. Mais les problèmes de toujours persistent et les mesures prises jusqu'à présent pour les régler sont loin de répondre aux attentes. Ce qui explique les reproches formulés par certains à l'encontre du président et du gouvernement, bien que ces derniers ne soient responsables ni de la crise économique actuelle, ni de l'accord de cessez-le-feu avec Israël. Le pouvoir actuel a hérité d’un lourd fardeau de ses prédécesseurs. La situation actuelle ravive les avertissements de l'émissaire français, Jean-Yves Le Drian, qui avait exprimé ses craintes quant à la disparition possible du Liban.
Le diplomate a ajouté que l’État libanais était actuellement sous une double pression: celle des États-Unis et d'Israël concernant la question des armes du Hezbollah et celle des parties libanaises hostiles aux réformes exigées du Liban. Comme la durée de vie du gouvernement est limitée et que l’issue des prochaines législatives est évidemment incertaine, il est important, voire primordial que le nouveau régime parvienne à avoir à son actif d’importantes réalisations au cours de la première année du sexennat. Sinon, il risquerait la paralysie au cours des cinq années qui resteraient.
Ce responsable a également révélé que certains pays, dont la France, tentent de convaincre les États-Unis de ne pas exercer une pression maximale pour le désarmement du Hezbollah et de permettre au président Aoun de traiter cette question. Les Américains sont bien conscients de la complexité du dossier, mais ils finissent toujours par céder aux pressions israéliennes.
Dans le même temps, le Hezbollah essaie de réinterpréter à sa manière l'accord de cessez-le-feu, mais le message israélien est resté sans ambiguïté: la situation ne sera pas semblable à celle qui a suivi la guerre de 2006. Israël poursuivra ses attaques contre la faction pro-iranienne et imposera ses conditions depuis une position de force, soutenue par l'administration du président américain Donald Trump.
Le diplomate a souligné que, pour Israël, l’intérêt du Liban est secondaire, sa priorité étant de protéger ses propres intérêts. Il a averti que certains Libanais qui soutiennent l'usage de la force contre le Hezbollah devraient prendre conscience que cette voie pourrait mettre en péril l'avenir du pays. Néanmoins, il a également insisté sur le fait que le gouvernement libanais doit démontrer qu'un processus de désarmement du Hezbollah a bien été engagé. Selon lui, celui-ci pourrait débuter après l'application de certaines réformes attendues en avril et la tenue des élections municipales et des mokhtars prévues pour mai.
Pour ce diplomate, il est essentiel que l'État engage un dialogue avec la communauté chiite pour lui faire comprendre que son avenir est lié à celui de l'État et qu'elle ne doit pas en être exclue.
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