
Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, tout s’accélère. Le temps géopolitique s’est emballé. Proche-Orient, Ukraine… tous les fronts sont en mouvement rapide.
Comme par enchantement, Donald Trump a réussi à faire prononcer les mots “cessez-le-feu” par les ennemis slaves pour arrêter la boucherie inutile après trois ans de combats d’une violence inouïe, rappelant l’enfer de Verdun. Forces de paix, reconstruction, accords commerciaux… en quelques semaines, la fin des hostilités est devenue probable. Par simple volonté de Donald Trump et Vladimir Poutine. Les deux hommes se sont entendus sur l’avenir de l’Ukraine, sans forcément passer par les circuits de négociations classiques. La raison du plus fort…
Au Proche-Orient, le président américain a bien l’intention de redessiner l’avenir de la région après les guerres, tout aussi dramatiquement insensées, de Gaza et du Liban. Les plans de Donald Trump pour le jour d’après à Gaza affolent le monde arabe, qui a du mal à proposer une alternative. En Syrie, les raids et incursions israéliens de ce mardi montrent la volonté, soutenue par les Américains, de créer une ceinture démilitarisée autour d’Israël: de Gaza à la Cisjordanie, en passant par la Syrie et le Liban. Le Hezbollah, militairement défait, cherche un levier politique pour sa survie.
L’Europe dans tout ça? Combien de divisions, disait Staline, en parlant du Vatican…
Concernant l’Ukraine, dans le meilleur des cas, les 27 seront invités à déployer, à leurs propres frais, des troupes de maintien de la paix et, dans une moindre mesure, à participer à la reconstruction en puisant dans la poche de leurs peuples déjà échaudés d’avoir financé la guerre.
Il y a encore quelques semaines, le soutien européen à Volodymyr Zelensky était inconditionnel.
L’Europe est la grande perdante de la recomposition du monde. Elle est sortie de l’Histoire.
En 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le monde était bipolaire, divisé entre les États-Unis et l’Union soviétique. Cela a figé la planète dans la guerre froide, jusqu’à l’effondrement de l’URSS. Les États-Unis se sont retrouvés seuls maîtres du monde. Mais peu à peu, des “empires” ont tenté de combler le vide: l’Iran, la Turquie, l’Inde… sans avoir les moyens de prendre les commandes globales.
L’Europe aurait pu jouer un rôle majeur. Mais l’union économique n’a pas été portée par une dynamique politique et militaire. Le Brexit n’a pas arrangé les choses. Le “désamour” de l’Europe monte partout sur le Vieux Continent, face au ressenti d’absence de réponses aux problèmes quotidiens des citoyens. Les partis extrêmes surfent sur les lourdeurs administratives et les directives parfois ubuesques de Bruxelles.
Aujourd’hui, l’heure est aux recompositions des alliances: un nouveau monde semble se dessiner, structurant la planète autour de trois pôles: les États-Unis, la Russie et la Chine. Trois grandes puissances aux ambitions distinctes. Washington, Moscou et Pékin jouent une partie d’échecs à l’échelle planétaire, où chaque mouvement redéfinit l’équilibre des forces.
Les États-Unis, toujours première puissance militaire et économique, cherchent à renforcer leur influence sur l’Occident et le Moyen-Orient. Face à eux, la Russie de Vladimir Poutine revendique un rôle central dans le nouvel ordre mondial, notamment en Eurasie. De son côté, la Chine de Xi Jinping avance méthodiquement, tissant sa toile économique et diplomatique en Asie, en Afrique et en Amérique latine.
Le monde se dirige-t-il vers une stabilisation autour de ces trois pôles ou vers une nouvelle phase de confrontation? Si le précédent Yalta avait abouti à la guerre froide, ce nouvel ordre multipolaire est plus complexe et imprévisible. Une chose est sûre: ce sont les décisions de Washington, Moscou et Pékin qui façonneront les décennies à venir.
Pendant ce temps, pour ce qui nous concerne, nous allons devoir faire preuve d’agilité parce que, comme le disait Nikita Khrouchtchev: “Les petits pays doivent apprendre à danser entre les pieds des éléphants, sans se faire écraser.”
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