De la sècheresse au gel, un hiver perturbé pour l’agriculture
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Après un début d'hiver sec et chaud, le Liban connaît actuellement une vague de froid intense, avec des températures glaciales. La neige a fait également son apparition à des altitudes inhabituellement basses, engendrant des conditions difficiles, particulièrement pour l’agriculture.  

Après un début d'hiver étonnamment sec et chaud, une vague de grand froid et des chutes de neige ont frappé le Liban, provoquant des perturbations majeures dans le secteur agricole, notamment dans les cultures sensibles. Les producteurs se retrouvent face à une situation délicate où des températures particulièrement basses mettent à mal la résilience des plantations. L'agriculture est en proie à de multiples défis cette année, alors que les conditions climatiques connaissent une perturbation quelque peu inquiétante.

Avant l’arrivée de cette vague de froid, l’hiver avait commencé avec des précipitations et des températures inhabituels pour la saison qui ont affecté le cycle de vie des cultures. “Les oliviers, par exemple, ont commencé à s’adapter à un climat plus chaud, ce qui a retardé leur processus de dormance hivernale essentiel à leur cycle de production”, explique à Ici Beyrouth le propriétaire d’une oliveraie. “Ce phénomène a également influencé les avocats, sensibles aux variations climatiques, qui ont vu leur développement perturbé par un manque d'humidité du sol et des conditions plus sèches que d'habitude.”

Dans ce contexte, de nombreux agriculteurs ont dû ajuster leurs pratiques, en modifiant les périodes d'irrigation et en cherchant à protéger leurs cultures des effets de cette chaleur inhabituelle, redoutant une sécheresse prolongée. Mais celle-ci, combinée à de basses précipitations, ont aussi épuisé les ressources en eau (déjà rares), augmentant ainsi la pression sur les exploitations agricoles.

Un choc pour l’agriculture

Le retour brusque du froid a créé un choc climatique qui a affecté particulièrement les cultures en basse altitude, où les températures sont habituellement modérées. Alors que les oliviers et les avocats peuvent généralement tolérer des périodes de froid modéré, une chute brutale des températures peut causer des dégâts irréparables. “Plus l’arbre est jeune, plus il est vulnérable”, indique à Ici Beyrouth un producteur d’avocats, précisant qu’“heureusement les fruits ne sont pas mûrs et sont donc plus résistants aux aléas climatiques”. “Ce qui est certain, c’est que les feuilles jaunissent et la maturité des fruits est retardée”, poursuit-il. “En revanche, si cette vague de froid venait à durer ou à s’intensifier, les fruits tout comme les arbres pourraient péricliter.” “ Quand les températures passent en dessous de zéro, la catastrophe est presque inévitable”, précise-t-il.

Ainsi, les avocats, très sensibles aux températures inférieures à 5°C, ont particulièrement souffert. Il explique que si ce froid était arrivé au printemps quand les arbres sont en floraison, l’impact aurait été catastrophique sur les récoltes. En effet, le froid extrême peut engendrer des dommages sur les jeunes fruits ou sur les nouvelles pousses, freinant leur croissance et réduisant les rendements. Le gel peut tuer les bourgeons floraux, ce qui affecte directement la production de fruits pour l’année suivante. De même, lorsque la neige fond, elle laisse place à une humidité excessive qui peut favoriser le développement de maladies fongiques.

Les répercussions sur l’économie agricole

Les effets de ces conditions météorologiques ont des conséquences directes sur les rendements agricoles. Les pertes peuvent être significatives pour les exploitations, surtout d’oliviers et d’avocats, qui représentent des secteurs économiques cruciaux dans certaines régions libanaises, notamment dans un contexte où le sud du pays peine encore à se remettre des ravages de la guerre. Un gel sévère peut entraîner une baisse importante de la production, voire la perte complète de récoltes dans les cas les plus graves.

Les producteurs se voient également contraints d’investir davantage dans des techniques de protection, telles que le chauffage (feu de bois ou de pneus) pour éviter le gel des cultures, ou la couverture des jeunes plants avec des bâches. Ces investissements, bien que nécessaires pour sauver la récolte, augmentent les coûts de production, ce qui met encore plus de pression sur les agriculteurs, déjà affectés par la crise économique et la hausse des prix de l’énergie et des matières premières.

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