Léon XIV a assuré qu'il était plutôt «en forme» et a défendu l'accès universel aux soins de santé à son arrivée en Uruguay, où il doit célébrer samedi une messe lors du premier grand rassemblement d'une intense tournée en Amérique du Sud.
Trois semaines après son opération au poumon, le souverain pontife a été acclamé vendredi, à son arrivée dans le pays le plus laïque de la région, par des milliers de personnes sur son passage en papamobile le long de la promenade du front de mer à Montevideo, vers la place de l'Indépendance où l'attendait le président de gauche, Yamandu Orsi.
Bien que de nombreux fidèles et curieux aient répondu à l'appel, l'immense place centrale qui abrite le siège de la présidence restait à moitié vide.
«Le pape m'est égal, mais je crois en Dieu, parce qu'il m'a sauvé quand je suis resté longtemps en soins intensifs», a dit à l'AFP Angelo Olivera, venu vendre des foulards à l'effigie du pape sur la place.
Désaccords
Pendant son trajet depuis le Vatican, le chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde a confié aux journalistes qui voyageaient à bord de son avion se sentir en «assez bonne forme» après l'intervention.
«Veiller à ce que les soins de santé soient accessibles à chacun, quelles que soient ses ressources, est une responsabilité qui interpelle toute société», a ensuite déclaré le chef de l'Église catholique, âgé de 71 ans.
Il doit également se rendre en Argentine et au Pérou au cours d'un voyage de 12 jours, l'une des tournées papales les plus intenses de ces dernières décennies.
Le premier pape né aux États-Unis a passé près de deux décennies au Pérou comme missionnaire, où il a tissé un lien profond avec la région et obtenu la nationalité péruvienne. Il a qualifié le pays de «l'une de mes nombreuses maisons» et a déclaré qu'il avait hâte d'y retrouver «les choses d'autrefois, les nouveautés et, surtout, les gens».
En Uruguay samedi, Léon XIV célébrera une messe dans un parc de Paysandú, une ville du nord-ouest où sont attendus 30.000 pèlerins. Il regagnera ensuite Montevideo et se rendra dans le quartier de Casavalle, qui affiche le taux d'homicides le plus élevé de la capitale, ainsi qu'à l'université catholique et au stade Centenario, où il présidera une veillée de prière pour 60.000 personnes.
Le pays de 3,5 millions d'habitants est en désaccord avec l'Église catholique sur les questions du mariage entre personnes du même sexe, de l'avortement et de l'euthanasie, légalisée l'année dernière, et l'on s'attend à ce que Léon XIV plaide en faveur de la protection de la vie ainsi que des valeurs familiales traditionnelles.
Le cardinal Daniel Sturla, archevêque de Montevideo, a cependant assuré à l'AFP qu'il existait «un intérêt généralisé pour la visite du pape, qui dépasse largement les limites de l'Église catholique», les places pour les messes à Paysandu et à Florida s'étant rapidement épuisées.
Ancienne vie
L'Uruguay détient le taux de suicide le plus élevé d'Amérique latine et le pape a abordé ce sujet vendredi dans son premier discours.
«La solitude, l'angoisse et la perte d'espoir peuvent devenir si profondes qu'une personne cesse de trouver des raisons de continuer à vivre», a-t-il souligné. «Face à la douloureuse réalité du suicide», la santé publique, la famille et la communauté sont essentielles, a-t-il ajouté.
Il a également salué le mix énergétique de l'Uruguay, «qui repose aujourd'hui presque entièrement sur des sources renouvelables».
Le pape se rendra dimanche en Argentine, pays natal de son prédécesseur, François, qui a déçu de nombreux Argentins pour ne pas s'y être rendu pendant son pontificat.
Le Pérou, point culminant de la tournée à partir de mercredi, est gagné par la fièvre papale. À Lima, tout se vend, tee-shirts et chapelets à l'effigie de Léon XIV, et même des pains portant son nom dans les boulangeries.
Léon XIV renouera avec son ancienne vie de Robert Francis Prevost, lors d'un souper avec des prêtres de son ancien diocèse de Chiclayo et d'une visite privée dans une chapelle qu'il a contribué à reconstruire.
AFP