Donald Trump a confirmé mardi que l'armée américaine avait mené des frappes en Iran, son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, avertissant qu'une reprise des hostilités ne profiterait «à personne».
Ces déclarations interviennent au moment d'élections cruciales aux États-Unis, à valeur de référendum sur Donald Trump, sur fond de mécontentement face à la hausse du coût de la vie et la guerre au Moyen-Orient, plus de huit mois après son déclenchement par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.
M. Trump a tenté de minimiser les spéculations selon lesquelles il se préparait à reprendre les bombardements sur l'Iran une fois les élections passées.
«Il semble que nous obtenions tout ce que nous voulons», a déclaré M. Trump dans un entretien accordé mardi au Financial Times (FT).
Interrogé sur les allusions claires du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à une attaque plus tard dans la semaine, M. Trump a répondu : «Je suis prêt, nous sommes prêts. Nous sommes parés et armés si nous devons y aller, mais il se peut qu'il n'y ait aucune raison de le faire», a-t-il dit.
M. Trump a par ailleurs confirmé dans une interview accordée à Fox News des informations de médias américains rapportant des frappes dans la nuit de lundi à mardi sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz.
Les Iraniens «ont construit une infrastructure anti-aérienne. Cela leur a pris environ deux mois. Nous l'avons regardé se construire. Dès que c'était terminé, nous l'avons frappée hier soir», a déclaré M. Trump à Fox News, ajoutant qu'il s'agissait d'une «attaque mineure».
L'agence de presse officielle iranienne Irna a fait état mardi de cinq explosions entendues sur l'île, et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.
«Nous sommes prêts»
Ces derniers jours, des médias ont évoqué une possible campagne militaire courte et intense dans la foulée des élections de mi-mandat après une série de déclarations belliqueuses américaines et israéliennes. Mais le ton s'est fait plus diplomatique au long du week-end, des deux côtés.
Le Qatar, médiateur dans le conflit, a assuré mardi que «les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation».
«La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre», a déclaré pour sa part mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Lundi, les deux parties s'étaient montrées optimistes, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi évoquant des discussions diplomatiques «très intenses» et le président américain assurant ensuite sur sa plateforme Truth Social qu'un accord avec l'Iran «pourrait arriver».
Téhéran a également proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump.
Depuis le début de la guerre, l'Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation.
En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Mardi, M. Trump a affirmé une nouvelle fois que son pays contrôlait le détroit d'Ormuz. «Nous en avons le contrôle total avec le blocus», a-t-il dit à Fox News.
La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.
AFP