Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit samedi être ouvert à ce que le Royaume-Uni présente des excuses officielles pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, mais a exclu toute idée de réparations financières.

Le dirigeant travailliste a tenu ces propos quelques jours avant de se rendre au sommet des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth (CHOGM), à Antigua-et-Barbuda, et alors que le roi Charles III est en visite dans les Caraïbes.

«Je tiens à exprimer ma tristesse et mes regrets pour la douleur et les souffrances endurées par tant de millions de personnes, et à reconnaître à quel point cela continue de façonner notre monde aujourd'hui», a déclaré Andy Burnham dans le Guardian.

La traite transatlantique des esclaves a constitué «une violation brutale et barbare» des droits de ces personnes, a-t-il ajouté.

«Nous proposons d'engager un dialogue structuré avec les personnes touchées par la traite transatlantique des esclaves», a déclaré le Premier ministre.

«Être à l'écoute des appels en faveur d’excuses officielles au nom de l'État britannique constituera un élément important de ce processus, et je suis ouvert à ces demandes», a-t-il poursuivi.

Le roi Charles III doit s'adresser au sommet des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth, qui se tient du 1ᵉʳ au 4 novembre.

Le rôle central du Royaume-Uni dans l'esclavage et les mauvais traitements infligés à ses sujets colonisés marque la tournée du souverain britannique dans les Caraïbes.

Aux Bahamas, mardi, au premier jour de sa visite dans les Caraïbes, le roi a reconnu «les grandes souffrances du passé».

Le gouvernement britannique n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni proposé de verser des réparations.

Andy Burnham a à nouveau exclu de telles réparations financières.

«Je ne pense pas que ce soit la bonne solution», a-t-il écrit dans le Guardian. «Je ne pense pas que les Britanniques d'aujourd'hui puissent être tenus pour responsables de torts historiques, aussi odieux soient-ils, qui se sont produits à une autre époque, en vertu de lois différentes, et auxquels ils n'ont pas pris part personnellement».

Le Royaume-Uni a tiré profit pendant des siècles de la colonisation et de la traite des esclaves. En 1833, a été promulgué l«abolition bill» prévoyant une abolition progressive de l'esclavage dans les colonies britanniques.

AFP