Le prix des denrées alimentaires devrait progresser de 18% entre 2025 et 2027, selon la Banque mondiale (BM), qui explique cette hausse tant par les difficultés d'approvisionnement liées aux conflits que par les effets attendus d'un épisode exceptionnel d'El Niño cet hiver.

Selon ses prévisions sur les marchés des produits de base, publiées mercredi, l'institution s'attend également à voir les prix de l'énergie progresser de 32% cette année, avant de refluer partiellement en 2027.

Cette hausse trouve très largement sa source dans le conflit au Moyen-Orient, faisant passer le baril de Brent, l'une des références du marché de l'or noir, de 69 dollars en moyenne en 2025 à 91 dollars en moyenne cette année.

La Banque anticipe cependant que ce baril redescendra à un prix moyen de 79 dollars l'année prochaine, sous réserve que le conflit lancé en février par Israël et les États-Unis contre l'Iran ne reprenne pas après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre.

Une telle hypothèse pourrait alors porter le baril de Brent à un prix moyen de 105 dollars en 2027 et tirer les prix des denrées alimentaires de 12% supplémentaires par rapport au scénario médian.

«Le marché des produits de base a été touché par plusieurs chocs majeurs en même temps», a souligné Ayhan Kose, le chef économiste adjoint de la Banque, cité dans un communiqué, relevant parmi les conséquences possibles des risques pour «la sécurité alimentaire».

«La priorité doit être donnée à la protection des populations les plus pauvres et au soutien des pays à faibles revenus, qui doivent déjà faire face à une dette qui pèse lourd», a-t-il insisté.

Conséquence de la hausse des prix de l'énergie, la demande mondiale de pétrole devrait baisser de 2,5% cette année, ce qui compense en partie la chute de 5,2% des livraisons de pétrole, la plus forte baisse de ces 40 dernières années, exception faite de 2020.

La baisse de la demande se classe au troisième rang des plus importantes, après celle de 2020, due à la pandémie de Covid-19, et celle de 1980, consécutive notamment à la crise des otages en Iran, fin 1979, qui avait provoqué une forte hausse des prix du pétrole.

Outre ces biens de première nécessité, la Banque anticipe une hausse de la majorité des autres matières premières: le prix des engrais devrait ainsi avoir augmenté de 14% cette année, avant de revenir en 2027 aux niveaux observés en 2025.

Les prix des métaux auront eux aussi connu une forte hausse, de 25% en 2026, pour atteindre des niveaux records dans un certain nombre de cas, tels que l'aluminium, le cuivre ou l'étain, principalement du fait de la demande liée aux énergies renouvelables, aux centres de données pour l'intelligence artificielle ou encore aux véhicules électriques.

AFP