Des avions de chasse britanniques ont pour la première fois participé mardi soir à un exercice nucléaire aux côtés des Rafale français, ont annoncé vendredi les ministères français et britannique de la Défense dans un communiqué conjoint.
«Après avoir décollé de la base aérienne de Saint-Dizier, dans le nord-est de la France, les Rafale français, escortés par des chasseurs Typhoon de la RAF (Royal Air Force, ndlr), ont simulé une frappe nucléaire», affirment-ils.
Intitulé «Rummy», l'exercice s'est déroulé «au-dessus de la Méditerranée» et «n'impliquait pas d'armes nucléaires», précisent les deux ministères.
Il «démontre la coopération croissante entre les deux puissances nucléaires d'Europe dans le cadre de la Déclaration de Northwood», adoptée le 10 juillet 2025 par Paris et Londres visant à «approfondir leur coopération et coordination nucléaires».
Pour Wes Streeting, secrétaire à la Défense britannique cité dans le communiqué, «cet exercice témoigne de la profondeur de notre partenariat, de la crédibilité de nos dissuasions et de notre détermination à rester unis face aux menaces émergentes».
«Avoir des forces nucléaires indépendantes n'exclut pas la coordination. Notre coopération nucléaire avec le Royaume-Uni ne cesse de s'approfondir», se félicite pour sa part la ministre française des Armées Catherine Vautrin.
Des responsables britanniques avaient ainsi déjà été admis à observer en décembre 2025 l'exercice français Poker, qui se tient quatre fois par an et au cours duquel les forces aériennes stratégiques françaises mènent un raid nucléaire simulé.
La France et le Royaume-Uni sont les deux pays européens dotés de l'arme nucléaire, Londres disposant d'une composante sous-marine tandis que Paris dispose, outre ses sous-marins lanceurs d'engins (SNLE), de deux escadrons d'avions Rafale capables de tirer un missile nucléaire AMSPA-R.
L'exercice entre Typhoon et Rafale «visait à renforcer la coordination et l’interopérabilité entre les personnels britanniques et français, ainsi qu'à consolider la compréhension mutuelle», selon le communiqué.
Adoptée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique d'alors Keir Starmer, la Déclaration de Northwood stipule que les forces nucléaires des deux pays «sont indépendantes mais peuvent être coordonnées et contribuent significativement à la sécurité globale de l'Alliance, et à la paix et la stabilité de la zone euro-atlantique».
Les deux pays y considèrent également «qu'il n'existe pas de menace extrême contre l'Europe qui ne susciterait pas de réponse de nos deux nations».
Le président français a depuis lancé en mars une initiative de «dissuasion avancée» à ses partenaires européens.
Celle-ci vise à associer les États européens volontaires à travers des exercices et des consultations stratégiques, mais sans aucun partage de la décision d'emploi de l'arme nucléaire. Elle prévoit notamment le déploiement «de circonstance» d'avions Rafale des forces stratégiques sur le territoire d'un partenaire.
Huit États (Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Pays-Bas, Belgique, Grèce, Suède, Danemark) y ont immédiatement adhéré et ont depuis été rejoints par la Norvège et la Finlande. La Lituanie et l'Estonie, autres pays frontaliers de la Russie, envisagent de s'y joindre.
AFP