Cinq personnes ont été blessées vendredi dans une attaque armée menée par deux assaillants, qui ont été abattus, en Cisjordanie occupée, à quelques jours des législatives en Israël, où un ministre d'extrême droite a appelé à sévir contre les autorités palestiniennes en représailles.
Un photographe de l'AFP a assisté à la fusillade, nourrie, entre des militaires et les deux assaillants vêtus de noir, l'un à la barbe fournie et équipé d'un fusil d'assaut, l'autre d'un pistolet, qui ont été abattus.
En réaction à cette attaque, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, a ordonné l'arrêt de tous les événements de campagne de son parti, le Likoud, a annoncé ce dernier dans un communiqué.
Son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a de son côté appelé à «démanteler» l'Autorité palestinienne en réponse à cette attaque.
«Il ne faut pas attendre qu'un 7-Octobre se produise (en Cisjordanie). C'est là que la prochaine guerre va éclater», a déclaré le ministre qui s'est rendu sur place. «L'Autorité palestinienne doit être démantelée et démilitarisée», a-t-il ajouté.
L'attaque s'est produite au carrefour de Judée, une intersection routière importante située près d'Hébron, dans le sud du territoire occupé par Israël depuis 1967.
Les deux hommes armés ont ouvert le feu avant d'être abattus par des soldats, a constaté l'AFP, qui a aussi vu les deux corps sans vie des assaillants allongés côte à côte pendant qu'un soldat montait la garde.
La fusillade a duré une vingtaine de minutes, selon des médias israéliens.
«Suite à une attaque par balles au carrefour de Judée, des soldats ont éliminé les deux terroristes», a dit l'armée israélienne dans un communiqué. Le mot «terroriste» est généralement utilisé par les autorités israéliennes pour désigner des assaillants palestiniens.
«Attentat majeur»
Selon les secouristes du Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, cinq personnes ont été blessées lors de l'attaque, dont deux sont dans un état critique.
Trois blessés ont été transportés dans un hôpital de Jérusalem, selon des médias israéliens.
Des images diffusées par les secouristes montraient un corps sans vie, gisant au sol à proximité d'une station-service, tandis que des soldats israéliens patrouillaient.
Depuis l'attaque du Hamas palestinien en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza, les violences ont explosé en Cisjordanie occupée.
Au moins 1.113 Palestiniens y ont été tués depuis octobre 2023, en majorité par des soldats israéliens, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données du ministère palestinien de la Santé.
Parmi eux, l'ONU a recensé 37 personnes tuées par des colons.
Selon les chiffres israéliens, au moins 49 Israéliens ont été tués sur la même période, la majorité dans des attaques palestiniennes mais aussi lors d'opérations militaires israéliennes.
Les forces de sécurité israéliennes sont en état d'alerte, à l'approche des élections législatives qui se tiennent mardi, et lors desquelles M. Netanyahou joue sa survie politique.
M. Netanyahou et ses alliés d'extrême droite font notamment campagne sur les questions de sécurité, et plusieurs ministres, comme M. Ben Gvir, appellent régulièrement à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie.
Le principal rival de M. Netanyahou pour ces élections, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, a salué le «courage des soldats» qui «ont empêché un attentat majeur».
Par Hazem BADER / AFP