L'Égypte et Israël ont tous deux rejeté mercredi un accord de délimitation maritime en Méditerranée entre Tripoli et Ankara validé mardi par le Parlement libyen, basé dans l'est du pays divisé.
Cet accord «constitue une violation manifeste des droits souverains de l'Égypte au sein de sa zone économique exclusive et de son plateau continental», a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères.
Selon Le Caire, le texte, signé il y a près de sept ans mais jusque-là non ratifié, enfreint la Convention sur le droit de la mer et est par conséquent «nul et non avenu et dénué de tout effet juridique».
Sa ratification par le Parlement libyen, avec le soutien de l'exécutif de l'est, rival du gouvernement internationalement reconnu de Tripoli, à l'ouest, «ne produit aucune conséquence juridique pour l'Égypte», a ajouté le ministère.
L'Union européenne avait dit mardi «profondément regretter» la ratification de l'accord, qui «porte atteinte aux droits souverains d'États tiers», et réaffirmé sa «solidarité avec la Grèce qui a rejeté le vote du Parlement libyen et Chypre».
Israël, pays proche d'Athènes comme de Nicosie, et dont les relations avec la Turquie sont exécrables depuis le début en 2023 de la guerre à Gaza, a «fermement» condamné le vote du Parlement libyen.
«Malheureusement, nous assistons une fois de plus aux efforts de la Turquie pour déstabiliser la zone de la Méditerranée orientale», a réagi le ministère israélien des Affaires étrangères dans un message publié sur X.
Le Parlement libyen avait dans un premier temps rejeté l'accord. Sa ratification signale un réchauffement des relations entre le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l'est libyen, et la Turquie.
La Turquie et l'Égypte sont des alliés sécuritaires proches et coopèrent étroitement sur de nombreuses questions régionales, bien qu'ils aient longtemps été dans des camps opposés en Libye.
À sa signature en novembre 2019, le texte, par lequel Ankara entend étendre ses droits sur d'importantes zones maritimes, avait déjà été jugé illégal par Athènes et Nicosie, et dénoncé par l'UE.
AFP