Les autorités irakiennes ont fermé mercredi sine die un point de passage frontalier avec l’Iran, a indiqué une source irakienne à l’AFP, sur fond de pressions américaines pour resserrer l’étau sur l’Iran.

Le point de passage d’al-Sheeb «est fermé depuis ce matin jusqu’à une date indéterminée», a déclaré à l’AFP cette source au sein de l’autorité des postes-frontières, sans préciser le motif de cette fermeture.

L’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’information, précisant qu’elle faisait suite à une décision du bureau du Premier ministre irakien.

Les deux pays, unis par d’importants liens politiques, religieux et économiques, partagent une frontière longue de plus de 1.400 kilomètres et comptent au moins huit points de passage officiels.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février, Washington a accentué ses sanctions économiques contre Téhéran et contre des entités qu’il accuse d’être liées à la République islamique.

Dans ce contexte, les États-Unis font pression sur le gouvernement irakien pour qu’il ferme tous les postes-frontières avec l’Iran, afin d’isoler encore davantage le pays, ont indiqué deux sources politiques à l’AFP.

«Le département du Trésor américain a abordé cette question avec le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi lors de son déplacement à New York» le mois dernier à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, a précisé l’une d’entre elles.

«Tous les points de passage frontaliers seront fermés», a-t-elle ajouté, «à l’exception d’un point de passage en territoire fédéral et d’un autre dans la région du Kurdistan», qui bénéficie d’une autonomie partielle.

Dans le même temps, les autorités iraniennes ont reconnu des perturbations à la frontière avec le Pakistan.

«Concernant le Pakistan, oui, il y a eu des perturbations dans les échanges frontaliers avec certains pays voisins», a déclaré mercredi le porte-parole du ministère iranien de l’Intérieur.

«Certaines de ces perturbations sont habituelles et surviennent à différentes périodes, même en l’absence de guerre ou de sanctions».

AFP