Le président de la République, Joseph Aoun, a placé la négociation, le dialogue et l’unité nationale au cœur de sa vision pour sortir le Liban de la crise, lors d’une rencontre avec une délégation du Synode de l’Église grecque orthodoxe, conduite par le patriarche Jean X Yazigi.
Le chef de l’État a souligné que les guerres suivaient toujours une trajectoire différente de celle anticipée par les parties en conflit et qu’elles ne pouvaient prendre fin que par la négociation et le dialogue. Leur prolongation, a-t-il averti, ne ferait qu’aggraver les destructions et le nombre de victimes.
L’objectif principal des négociations est, selon lui, d’obtenir le retrait israélien des territoires occupés, la libération des prisonniers, le retour des déplacés, la reconstruction et le déploiement de l’armée sur l’ensemble du territoire libanais. «Il n’y a pas de divergence au Liban sur ces objectifs, mais les différences portent sur les moyens et la manière de les atteindre», a-t-il précisé.
L’unité nationale au cœur des priorités
«Quand le Sud est blessé, c’est tout le Liban qui l’est», a rappelé Joseph Aoun, soulignant que l’État était responsable de ses citoyens. Il a toutefois estimé que les guerres imposées au pays avaient eu des répercussions négatives sur le retour des institutions dans le Sud et sur la réalisation de nombreux acquis.
Le président a néanmoins relevé des avancées significatives dans plusieurs domaines, notamment en matière de réformes économiques, financières, administratives et judiciaires.
Le rétablissement de la confiance entre le peuple et l’État, ainsi qu’entre les Libanais résidant dans le pays et ceux de la diaspora, constitue également un objectif fondamental, a-t-il ajouté. Insistant sur l’importance de l’unité nationale, il a rappelé que le Liban avait une seule patrie, un seul drapeau et une seule identité.
Reprenant les mots du pape Jean-Paul II, Joseph Aoun a décrit le Liban comme un «message», dont la richesse réside dans la diversité et le pluralisme. Il a appelé à faire de cette caractéristique un atout pour le pays.
Le chef de l’État a par ailleurs dénoncé ceux qui alimentent les tensions confessionnelles et communautaires pour servir leurs intérêts personnels aux dépens du Liban, ainsi que ceux qui coopèrent avec l’étranger contre leurs compatriotes. Il a estimé que les Libanais devaient plutôt s’appuyer les uns sur les autres pour faire face aux acteurs extérieurs.
Le patriarche Yazigi appelle à des décisions «non traditionnelles»
De son côté, le patriarche Jean X. Yazigi a estimé que le Liban traversait une période exceptionnelle, exigeant du président des décisions «non traditionnelles», prises avec sagesse et discernement, afin de guider le pays au milieu des tensions de la politique internationale et des conflits entre axes régionaux.
«Nous sommes à vos côtés, Monsieur le Président, dans le rôle qui vous place face à votre responsabilité historique, et nous avons confiance en votre sagesse», a-t-il affirmé.
Le patriarche a également souligné que, pour les chrétiens d’Orient, le Liban fondé sur la parité constituait un symbole de leur présence chrétienne dans la région. «Nous y resterons comme les cèdres au Liban», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de tendre la main aux frères musulmans afin de permettre au pays de se relever.