Une conférence de soutien à l'armée libanaise sera organisée par la France après les élections israéliennes, a annoncé mercredi le président Emmanuel Macron, qui a déploré les «pressions» sur le Liban dont Israël occupe toujours une partie.
«Une conférence sera mise en place dans les prochaines semaines par la France (...) Je pense qu'il est inutile de le faire avant les élections israéliennes», a-t-il déclaré devant la presse à Doha, à l'occasion d'une tournée de trois jours dans le Golfe.
Le président français avait reçu en septembre le président libanais Joseph Aoun et le roi Abdallah II de Jordanie pour préparer un soutien international au déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire.
Sous-payée et mal équipée, l'armée a la lourde tâche de désarmer le Hezbollah, malgré l'opposition du groupe, et de se déployer à la frontière avec Israël en vertu d'un accord-cadre signé en juin entre le Liban et Israël.
«Je crois que tout le monde constate aujourd'hui la situation intenable dans laquelle se trouve le Liban», a souligné M. Macron, avec «une pression qui est faite sur le Liban et une souveraineté qui est mise à mal, ce qui est (...) la moins bonne manière de traiter la question du Hezbollah».
La conférence d'appui à l'armée devait se tenir en mars dans la capitale française, mais a été reporté après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient, en ciblant Israël en soutien à l'Iran.
Israël occupe toujours une partie du sud du Liban après cette nouvelle guerre.
«Notre objectif, c'est la souveraineté, la stabilité du Liban et le désarmement du Hezbollah», a ajouté le chef d'Etat français.
Pour y arriver, il faut aussi «obtenir un retrait des troupes israéliennes (...) et la restauration d'un mécanisme de coordination pour organiser ce retrait», a-t-il dit. «La France est prête à y contribuer, le Qatar aussi».
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, et la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo s'étaient rendus la semaine dernière à Beyrouth pour discuter des «modalités de la présence internationale» dans le pays à l'expiration du mandat des forces de paix de l'ONU dans le sud en fin d'année.
AFP