La compagnie minière canadienne Sherritt, qui a cessé ses opérations à Cuba en raison des sanctions américaines, a annoncé mardi avoir obtenu des États-Unis l'autorisation d'envoyer sur l'île du carburant et d'autres produits nécessaires à l'extraction du nickel en vue d'une reprise future de ses activités.
Après 30 ans d'exploitation du gisement de nickel et de cobalt de Moa, dans l'est de Cuba, en partenariat avec l'État cubain, l'entreprise basée à Toronto, active presque exclusivement sur l'île communiste, avait annoncé début mai son retrait de Cuba en raison des sanctions américaines.
Cependant, elle avait dit quelques jours plus tard qu'elle ne liquidait pas ses actifs à Cuba en raison de négociations en cours pour une recapitalisation avec le groupe américain Gillon Capital, appartenant à un milliardaire texan, Ray Washburne, un proche de Donald Trump.
«La licence carburant» obtenue auprès du Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) qui met en œuvre l'embargo américain «est la première d'une série de licences d'urgence ...qui seront nécessaires pour permettre à Sherritt de redémarrer les activités d'extraction et de traitement» du nickel, «ainsi que les activités de traitement et de raffinage au Canada», a fait savoir l'entreprise dans un communiqué.
Outre l'exploitation du gisement, Sherritt détient, avec l'État cubain, une raffinerie dans l'Alberta dans l'ouest du Canada, à l'arrêt depuis juin.
Selon le communiqué, les démarches auprès de l'OFAC ont été réalisées en étroite coordination avec Gillon Capital, qui souhaite acquérir 55% de Sherritt.
Par ailleurs, l'entreprise canadienne indique avoir conclu fin septembre «un accord de consentement provisoire» avec Moa Bay Mining Company, la société qui avait développé l'exploitation de nickel et de cobalt à Moa dans les années 1950 avant d'être nationalisée après la révolution cubaine.
Moa Bay a déposé aux États-Unis une requête concernant les biens nationalisés à Cuba, dans le cadre de la loi Helms-Burton. Cette loi menace de poursuites toute personne faisant des affaires avec des biens nationalisés sur l'île.
Selon Sherritt, Moa Bay a donné son accord aux livraisons de carburant «en contrepartie de frais de consentement payables par Sherritt ou pour son compte» et s'est engagée à ne pas lancer de poursuites contre l'entreprise canadienne et les opérateurs des livraisons.
Le redémarrage effectif des opérations minières à Cuba «reste soumis à l'obtention d'une deuxième licence d'urgence de l'OFAC», précise l'entreprise.
Les États-Unis imposent depuis janvier un blocus pétrolier à Cuba. Washington n'autorise l'envoi de carburant depuis les États-Unis qu'à destination du secteur privé cubain.
Donald Trump estime que l'île, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a menacé plusieurs fois d'en «prendre le contrôle».
AFP