Le chef de la plus haute instance sécuritaire de l'Iran a déclaré mardi au chef de l'armée pakistanaise, dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre entre l'Iran et les États-Unis, que Téhéran n'autoriserait aucune sortie d'uranium enrichi du territoire.
«Pas même une infime quantité de matières nucléaires enrichies ne quittera l'Iran. Elles constituent un atout majeur et une richesse nationale pour le peuple iranien», a affirmé le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, selon la télévision d’État.
Le nucléaire, et en particulier la question du devenir des stocks iraniens d'uranium hautement enrichi, est un sujet majeur de désaccord entre l'Iran et les États-Unis: Washington a demandé au printemps qu'ils quittent le territoire iranien, Téhéran estimant lui que la seule solution était de diluer les stocks sur son sol.
«Il n'y aura aucune négociation tant que les États-Unis n'auront pas pris de mesures pour instaurer la confiance, un processus qui doit commencer par le respect des conditions posées par l'Iran», a ajouté Mohsen Rezaï.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui aussi rappelé la position iranienne au chef militaire pakistanais, Asim Munir, présent à Téhéran dans le cadre d'une nouvelle tentative de médiation visant à parvenir à un accord de paix entre la République islamique et les États-Unis.
«Nous n'avons rien de nouveau à dire. Les États-Unis ne pourront gagner la confiance de l'Iran que s'ils remplissent» les conditions iraniennes, a déclaré M. Ghalibaf.
En juin, l'Iran et les États-Unis avaient conclu un protocole d'accord censé ouvrir une période de négociations de 60 jours pour mettre définitivement fin à la guerre au Moyen-Orient et régler un ensemble de points, dont le sujet central du nucléaire iranien.
Dans ce texte, Téhéran s'engageait à diluer son uranium enrichi sous supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. Mais les hostilités avaient repris en juillet, faisant voler en éclats le protocole.
Téhéran revendique son droit à enrichir de l'uranium à des fins civiles, mais se défend de vouloir se doter de l'arme atomique, comme le soupçonnent les pays occidentaux.
En juin 2025, lors de la guerre des 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran, les États-Unis avaient bombardé trois sites à Fordo, Natanz et Ispahan, Donald Trump affirmant alors avoir «anéanti» le programme nucléaire du pays.
Le sort de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi, vus pour la dernière fois le 10 juin 2025 par les inspecteurs de l'AIEA, demeure à ce jour incertain.
AFP