Le secrétaire d'État américain Marco Rubio se rend mardi à Bombay, la capitale financière indienne, pour sa deuxième visite officielle en quelques mois chez le géant asiatique, poursuivant une tournée en Asie qui mélange diplomatie et commerce.
Après l'Ouzbékistan, où il a plaidé le renforcement des partenariats avec les pays d'Asie centrale, M. Rubio doit s'entretenir avec son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, et rencontrer plusieurs magnats de l'industrie indienne.
Le chef de la diplomatie américaine s'était rendu en mai à Calcutta et Delhi, visitant aussi le Taj Mahal et y rencontrant le Premier ministre indien Narendra Modi.
Aucune rencontre avec le dirigeant indien n'est prévue lors de cette visite qui, outre Bombay, l'amènera à Jamnagar (ouest), dans le Gujarat, cité portuaire et fief du conglomérat Reliance, propriété du milliardaire Mukesh Ambani.
M. Rubio est attendu en Inde à l'heure où Washington et New Delhi peinent à conclure un accord de libre-échange commercial source de multiples tensions.
S'exprimant à Samarcande, en Ouzbékistan, lundi, le haut diplomate a assuré que les États-Unis et l'Inde étaient «très proches de conclure».
Malgré cela, les chances d'obtenir un accord lors de cette visite paraissaient minces.
À la guerre des droits de douane lancée par Donald Trump s'ajoutent les frictions sur les importations indiennes de pétrole russe ou le réchauffement des liens entre les États-Unis et le Pakistan, l'ennemi héréditaire de l'Inde.
Interrogé sur les exemptions temporaires de sanctions américaines contre le pétrole russe, dont l'Inde est l'un des principaux importateurs, M. Rubio a expliqué que les Etats-Unis se devaient «de prendre en compte toute une série d'autres facteurs, notamment nos relations bilatérales avec d'autres pays et ce qu'ils sont réellement capables de faire en matière d'approvisionnement énergétique».
«On ne peut pas non plus bouleverser l'économie d'autres pays à cause d'un seul enjeu central», a-t-il dit, adoptant un ton conciliant vis-à-vis de l'allié indien.
Les deux pays ont conclu en février dernier un accord commercial provisoire visant à réduire les droits de douane américains sur les produits indiens.
Mais quelques jours plus tard, la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane généralisés imposés par le président américain, ce qui a alimenté l'incertitude quant à la date d'entrée en vigueur de l'accord.
Les deux parties sont en négociations depuis lors.
La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, a évoqué récemment un «plateau au-delà duquel elles (les parties) ne semblent pas prêtes à faire des concessions».
AFP