Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a attribué lundi aux États-Unis la responsabilité de «l'insécurité» dans le détroit d'Ormuz, au cœur des tensions entre Téhéran et Washington depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
«La guerre imposée par les États-Unis et le régime sioniste (Israël, NDLR), conjuguée au blocus économique, constitue la principale source d'insécurité dans notre région», a déclaré Abbas Araghchi, après avoir fait référence au «golfe Persique et (au) détroit d'Ormuz».
Le ministre s'exprimait à Téhéran en présence de son homologue russe Sergueï Lavrov, au moment où la Russie souhaite se positionner comme médiateur potentiel dans le conflit irano-américain.
M. Lavrov, qui effectue sa première visite en Iran depuis le déclenchement fin février de la guerre au Moyen-Orient par des frappes israélo-américaines, doit être reçu par le président Massoud Pezeshkian.
L'Iran revendique le contrôle du détroit d'Ormuz, par où transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, et prend régulièrement pour cible des navires qui s'y aventurent sans son autorisation. Washington impose en retour un blocus naval aux ports iraniens.
Si depuis quelques semaines, les pétroliers étaient de plus en plus nombreux à franchir le détroit pour sortir du Golfe sous escorte américaine, les attaques ont repris avec force ces derniers jours, Téhéran voulant, selon les analystes, démontrer que sa capacité à perturber le trafic reste intacte.
Avant la guerre, la traversée du détroit se faisait sans encombre et ne nécessitait pas d'autorisation. L'Iran invoque désormais des raisons de sécurité et de souveraineté.
Début octobre, le président russe Vladimir Poutine a proposé l'aide de la Russie dans les efforts de médiation entre l'Iran et les États-Unis.
Dimanche, M. Lavrov avait souligné que son déplacement à Téhéran visait «à empêcher le retour d'une guerre de grande ampleur», sur fond d'impasse des pourparlers entre les deux belligérants.
Malgré la conclusion en avril d'un cessez-le-feu entre Téhéran et Washington puis la signature d'un protocole d'accord en juin, les hostilités ont repris en juillet autour du détroit d'Ormuz.
La Russie et l'Iran, deux des pays les plus lourdement sanctionnés au monde, entretiennent des liens politiques étroits. Proches géographiquement, ils sont séparés par la mer Caspienne.
Leur coopération militaire et économique s'est notoirement renforcée depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
AFP